Bon-Repos-sur-Blavet (22) mène de front rénovation énergétique et recherche de gérants du commerce multi-services

Thématique(s): Commerces - Économie locale, commerces et services
Infos pratiques
Adhérent depuis 2016
Maire : Raoul Riou
Adresse : Laniscat, France
Téléphone : 02 96 36 96 00
Nbre d’habitants : 1304
Superficie : 53,91 km²
Intercommunalité : Kreiz-Breizh
Contact BRUDED : Cécile Jamoneau
Autres expériences de Bon-Repos-sur-Blavet
Le multi-commerces Gwen ha Du a longtemps été un point central de la vie sociale locale. Mais la pandémie, la baisse de fréquentation et une isolation défaillante avaient conduit la dernière gérante à cesser son activité. Fermé depuis juillet 2021, l’équipe municipale a engagé une rénovation ambitieuse parallèlement à la recherche de nouveaux gérants. Un projet de longue haleine qui a mobilisé les élus pendant quatre ans.La photo du commerce en cours de travaux - 2024
Commune nouvelle née de la fusion des communes de Saint-Gelven, Laniscat et Perret, Bon-Repos-sur-Blavet possède trois bourgs éloignés géographiquement que les élus ont à cœur de rendre vivants et de réunir.
La commune est propriétaire depuis 35 ans du bâtiment qui abritait un bar-épicerie-tabac qui faisait vivre le bourg de Saint-Gelven malgré le changement régulier de gérant. La dernière gérante arrivée en 2020 s’est rapidement aperçue de la difficulté à chauffer le bâtiment, notamment au niveau énergétique. Le bâtiment est un gouffre financier auxquels s’ajoute les effets du covid qui passe par là. Elle quitte le commerce en juillet 2021 en informant les élus des raisons de son départ.
Un sondage auprès des habitants et des échanges avec le programme « 1 000 Cafés » permettent de confirmer l’intérêt du maintien d’un commerce multi-services (bar-tabac, épicerie) avec le développement d’une partie restauration pour en asseoir la viabilité économique, à condition qu’elle ne vienne pas en concurrence avec la pizzeria qui s’est installée en 2022 juste à côté, après la naissance du projet de la commune.
Un diagnostic complet et deux objectifs
Alertée par les motivations du départ de la dernière gérante, la municipalité choisit de prendre le temps d’un état des lieux approfondi avant de relancer un nouvel appel à candidatures. Un diagnostic énergétique complet est mené en 2021 avec l’ALECOB dans le cadre du programme ACTEE (Action des Collectivités Territoriales pour l’Efficacité Energétique) visant à accompagner les collectivités territoriales dans la rénovation énergétique de leurs bâtiments. Le diagnostic révèle une isolation très insuffisante et des problèmes structurels majeurs. L’architecte missionné établit alors une liste de travaux conséquents : isolation intérieure, changement des fenêtres, modification du chauffage, mise aux normes PMR, création d’une cuisine professionnelle et rénovation complète du logement à l’étage. « Un tel projet ne pouvait être réalisé sans le soutien des institutions. Aussi, nous sommes partis à la recherche de subventions. Cela nous a pris un an », confie Sébastien L’Hermite, adjoint en charge des bâtiments communaux.
Dès lors, les élus mènent de front deux chantiers de longue haleine : rénover le bâtiment et trouver un nouveau gérant. Sachant que les travaux seront longs, la commune maintient la carotte tabac et prête la licence IV à la pizzeria nouvellement installée en attendant qu’elle puisse s’en acheter une.
Des travaux lourds… menés aussi par les élus eux-mêmes
Le chantier est lancé début 2024 après un appel d’offres en 2023, tombé malheureusement à la mauvaise période : les prix des matériaux s’envolent et les coûts flambent alors que la création de l’activité restauration nécessite l’aménagement coûteux d’une cuisine. De mauvaises surprises viennent s’ajouter comme des problèmes de structure dans la cave et la nécessité de traiter et de renforcer la charpente. Pour contenir les coûts, la commune choisit de réaliser une partie des travaux en régie, concernant le logement à l’étage, à l’exception de l’électricité et plomberie.
Le commerce étant un établissement recevant du public, il ne nous était pas possible d’intervenir. En revanche, nous avons mené la rénovation du logement à l’étage presque entièrement. Nous estimons l‘économie à 50-60 000€.
Sébastien L’Hermite, adjoint aux travaux
Les travaux sont complétement terminés en décembre 2025.
« 1 000 Cafés » en soutien pour trouver un gérant
Parallèlement, la commune confie la recherche du futur gérant au programme national « 1000 Cafés » qui accompagne les petites communes rurales dans la relance de commerces multi-services. L’organisme se charge du recrutement, de la formation et du suivi du gérant. Ce programme change plusieurs fois de modèle de financement et de modèle d’accompagnement en cours de route ; si bien que la commune n‘a pas à payer de prestation, qui jusque-là reposait sur une participation du gérant installé. Les élus sont satisfaits et rassurés par l’accompagnement proposé sur le recrutement, « 1 000 Cafés » apportant une expertise dans l’analyse des candidatures, notamment sur le volet financier.
L’appel à candidatures, rédigé par « 1000 Cafés » selon les attentes de la commune et lancé fin 2024, génère peu de retours intéressants. « Notre souhait de multiplier les services a rendu les postulants plus frileux, ou bien pas assez convaincants sur chacune des activités » analyse Magalie Moy, maire déléguée. En effet, si certaines candidatures étaient bonnes pour la partie épicerie-bar-tabac, elles étaient moins expérimentées pour la restauration. « C’est un tout autre métier ». De plus, la partie tabac impose une avance de trésorerie importante (10 à 15 000 € pour le stock, qui ne sont pas finançables par les aides à l’installation). Une grande vigilance est apportée au risque de concurrence à la pizzeria voisine. Il est donc demandé de ne pas proposer les mêmes plats et d’ouvrir prioritairement sur les jours et horaires de fermeture afin de se compléter. Enfin, la commune demande aux candidats d’inclure des animations mensuelles dans l’optique de renforcer la convivialité locale .
Le logement à l’étage se révèle être un véritable atout : il attire les porteurs de projets non locaux ou bien permet à ces derniers d’envisager une activité commerciale complémentaire (chambres d’hôtes, espace de travail partagé…). Ainsi, au moment de la rénovation, un accès indépendant au logement est aménagé.
L’appel à candidatures se prolonge et la commune reçoit en juillet 2025 celle d’un couple qui coche toutes les cases. Il s’installe dans les lieux en décembre 2025 avec un bail provisoire en attendant de disposer d’un SIRET adapté à l’activité tabac (un accord des douanes est requis) avant de pouvoir contractualiser un bail commercial. Le commerce ouvrira ses portes en février 2026. Le loyer sera au départ de 300€ mensuel (et 100€ pour le logement) avec une augmentation de 50€/an sur trois ans.
« Il aura donc fallu quatre ans pour ce projet », résumé par Sébastien L’Hermite : « un an pour la réflexion, un autre pour la recherche de subventions, un autre encore pour les travaux et enfin un dernier pour trouver le gérant ! »
Éléments financiers
Les travaux de réhabilitation énergétique et de modernisation du multi-commerces a couté 336 000€.
Dépenses
- Études et maitrise d’œuvre 37 K€
- Travaux 290 K€ dont isolation 77 K€ et cuisine 31 K€
Subventions
- État/DETR…………. 70,6 K€
- Région Bretagne…… 44 K€
- CC Kreiz Breizh……… 35 K€
- ANCT (aide au dernier commerce) …. 3,6 K€
- ORECA (Opération de Rénovation Énergétique en Côtes d’Armor) portée par le SDE22 pour aider les communes à financer la rénovation énergétique de leurs bâtiments publics …. 24,4 K€
- Reste à charge 125,5 K€
Contacts
Magalie Moy, maire déléguée et Sébastien L’Hermite, adjoint
Rédigé en janvier 2026





