Phare du Paon de l’Île de Bréhat (22) : protéger un site naturel d’exception tout en améliorant l’accueil des touristes

Infos pratiques

Adhérent depuis 2022
Maire : Olivier Carré

Téléphone : 02 96 20 00 36
Nbre d’habitants : 378
Superficie : 3,09 km²

www.iledebrehat.fr
Contact BRUDED : Cécile Jamoneau

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Site emblématique de l’île de Bréhat, le phare du Paon est accessible par un chemin très emprunté qui, avec le temps, était très abimé. De plus, la végétation y était de plus en plus piétinée et dégradée. L’espace pour stationner les vélos s’avérait insuffisant, et l’information aux visiteurs limitée. Pour faire face au double enjeu du tourisme et de la préservation de ce patrimoine naturel et culturel, la commune a entrepris des travaux de réhabilitation et d’aménagement du site.

Page-expérience rédigée sur la base des articles des bulletins municipaux d‘avril 2024 et juillet 2026 rédigé par Marion Régler, troisième adjointe.
Crédits photos : commune de Bréhat

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Une intention née des enjeux de fréquentation et de préservation

L’Île de Bréhat (400 habitants à l’année) accueille de nombreux touristes, dont les plus courageux osent marcher jusqu’au phare du Paon, situé à l’extrémité nord de l’île. Chaque année, plus de 150 000 visiteurs empruntent le chemin qui y mène, jusqu’à parfois 3000 en une seule journée ! Cette fréquentation exceptionnelle, concentrée sur quelques mois, avait fini par fragiliser profondément le milieu naturel : ravinement du sentier, élargissement du chemin par le piétinement, dégradation des pelouses littorales, saturation du stationnement vélo, absence de signalétique adaptée. La réflexion sur la régulation touristique, engagée dès 2023, avait mis en évidence la nécessité d’intervenir sur le chemin lui‑même car la régulation des flux ne pouvait suffire à protéger un milieu aussi fragile.

Face à ces constats, la commune de Bréhat a souhaité engager une démarche globale pour protéger les milieux naturels, canaliser les flux, sécuriser le cheminement, et valoriser le patrimoine naturel et culturel de la pointe du Paon.

Ce qui est principalement visé avec le site d’exception, c’est la protection du patrimoine naturel.

Olivier Carré, maire de Bréhat

Un contexte complexe : site classé, Natura 2000, foncier morcelé, insularité

La pointe du Paon est un espace protégé : site classé et zone Natura 2000 en tant que Zone Spéciale de Conservation (ZSC). De ce fait, toute intervention nécessite des autorisations spécifiques en respectant un calendrier précis(travaux hors période de nidification, entre septembre et mars – ce qui a retardé les travaux en 2025), et une attention particulière aux matériaux et aux techniques employées.

À cela s’ajoutait une difficulté foncière : le chemin traverse de nombreuses parcelles privées, et certains tronçons ne respectaient plus la servitude de passage. La commune a choisi de revenir au tracé historique, en rouvrant l’ancien chemin et en renaturant deux segments devenus trop impactés. Tous les propriétaires ont été contactés individuellement pour obtenir leur accord.

Une mobilisation d’acteurs

Pour structurer le projet, la commune s’est appuyée sur :

  • ADAC 22 (Association Départementale d’Appui aux Collectivités), pour le premier chiffrage et l’appel d’offres du maître d’œuvre ;
  • Atelier INEX, paysagiste‑concepteur basé à Saint‑Malo, retenu fin 2023 pour piloter l’opération, il a assuré la maitrise d’œuvre ;
  • Le chargé de mission Natura 2000, qui a accompagné les choix techniques ;
  • Les propriétaires et riverains, rencontrés lors d’une réunion de concertation ;
  • La Fondation Hareaucourt, propriétaire de parcelles stratégiques ;
  • Les pompiers, pour définir les contraintes d’accessibilité des secours ;
  • Les entreprises Petibon Baptiste et Paysage et pépinière du Guillord, pour les travaux paysagers, le terrassement et l’élagage.

Un déroulé de projet marqué par l’adaptation

2023–2024 : études, concertation et démarches réglementaires

L’année 2024 a été consacrée à la conception du projet, au dépôt du permis d’aménager, à la consultation du public, à la recherche de financements et à la préparation de l’appel d’offres. Les propriétaires ont été rencontrés, les contraintes de secours intégrées, et les choix techniques ajustés pour respecter les milieux naturels.

2025–2026 : un chantier exigeant, rythmé par les aléas

Le marché de travaux a été attribué début 2025. Les travaux ont démarré en octobre, conformément aux contraintes liées à la période de nidification (mars à septembre). De plus le chantier a connu plusieurs imprévus :

  • La présence d’un site archéologique mésolithique, qui, malgré le permis d’aménager soumis à toutes les autorités compétentes, n’avait pas fait l’objet de prescriptions particulières. Suite à un signalement après le démarrage du chantier, une fouille d’urgence a été réalisée, le site a été balisé en vue de fouilles ultérieures plus approfondies et le chantier a pu reprendre normalement, après deux semaines d’arrêt ;
  • Des pluies hivernales rendant impossible la pose du sable‑chaux, qui exige cinq jours consécutifs de temps sec.

D’où nécessité de réorganiser le chantier pour éviter les retards. Malgré cela, les entreprises ont su s’adapter en faisant preuve d’une grande souplesse, et les travaux se sont achevés mi‑mai 2026.

Des aménagements sobres, robustes et respectueux du site

Le projet a reposé sur des techniques simples, inspirées d’aménagement de sites littoraux voisins comme Ploumanac’h et Plougrescant, visitées en amont :

  • Canalisation des flux : potelets et monofils discrets, permettant de canaliser le mouvement des visiteurs et à la végétation de recoloniser les abords ;
  • Revêtements adaptés : calade de pierres jointoyées aux extrémités puis remplissage en terre‑pierre ou sable‑chaux pour les secteurs très dégradés ou en pente. L’usage de matériaux locaux ont permis de limiter l’import extérieur de matériaux (donnée importante dans un contexte insulaire) ;
  • Gestion de l’eau : marches, seuils empierrés, revers d’eau guidant le ruissellement ;
  • Passage de la zone humide : chemin surélevé, préservant le niveau du plan d’eau ;
  • Stationnement vélo repensé : un parking plus grand, déplacé en amont pour éviter l’érosion ;
  • Valorisation patrimoniale : nettoyage de la chapelle Saint‑Riom, installation de bancs, création d’un sentier secondaire, maintien des points de vue ;
  • Signalétique à venir : panneaux d’interprétation, totems directionnels, bornes de bonnes pratiques, en lien avec le travail sur la signalétique touristique engagée depuis 2023.

Eléments financiers

Le coût total du projet s’élève à 250 000 € HT, dont :

  • 29 000 € d’études,
  • 218 000 € de travaux.

Subvention Région Bretagne : 55 000 €, le reste étant à la charge de la commune.

Contact

Marion Régler, adjointe

rédigé en septembre 2026

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