Infos pratiques

Adhérent : depuis 2020
Maire : Olivier Houzet
Adresse : 2 Avenue de la Mairie, 22700 Saint-Quay-Perros, France
Téléphone : 02 96 49 80 40
Nbre d’habitants : 1289
Superficie : 4.72 km²

mairie-saintquayperros.fr
Contact BRUDED : Cécile Jamoneau

Autres expériences de Saint-Quay-Perros

Saint-Quay-Perros initie un tiers-lieu pour favoriser et fédérer les dynamiques collectives. Sa gestion est confiée à une association – en l’attente d’une structuration coopérative. Le bâtiment bioclimatique est réalisé avec des matériaux biosourcés et accueille une centrale solaire photovoltaïque citoyenne. Il est complété par une halle multifonctions et donne sur une place publique perméable.

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Saint-Quay-Perros est une commune de 1400 habitants située entre Lannion et Perros-Guirec. Elle présente à la fois des caractéristiques de commune péri-urbaine, fortement attirée par la ville de Lannion, en tant que pôle urbain et où une majorité des kénanais travaillent, mais également des caractéristiques de commune littorale, par la présence voisine de Perros-Guirec où de nombreux kénanais y travaillent également, utilisent des services, ou font leurs courses.

Un projet de mandat, au cœur du bourg

Dès 2020, la nouvelle équipe municipale engage un plan-guide pour revitaliser son centre bourg. L’un des enjeux majeurs signifié dès le cahier des charges du plan-guide est de garantir la place d’un équipement public à destination des associations, répondant aux besoins divers exprimés. Très vite émerge donc l’idée d’un tiers-lieu à proximité des équipements existants (mairie, city-stade, salles municipales).

Notre objectif était de créer le lieu, le support, la programmation et l’animation pour favoriser et fédérer les dynamiques collectives du territoire en s’inscrivant dans les transitions.

Olivier Houzet, maire

Des réajustements de pré-conception

Cependant, la proposition émanant du plan-guide s’avère trop couteuse. Le projet connaît alors quelques ajustements qui s’avèrent judicieux au-delà de la réduction des coûts : les sanitaires sont placés à l’extérieur et deviennent alors des toilettes publiques. Une coursive extérieure vient remplacer un couloir et sert de balcon surplombant la place et ses activités. Les finitions sont simplifiées et laissées à la charge des futurs utilisateurs qui s’approprieront d’autant plus les lieux. Par conséquent, ces ajustements renforcent l’identité du lieu : un bâtiment simple, esthétique, tourné vers son environnement.

On a retiré de l’appel d’offres les objets coûteux en décidant de faire plus simple, plus sobre, moins cher, ce qui correspond bien à notre l’état d’esprit de frugalité.

Gaëlle Urvoas, adjointe

La commune confie l’AMO au bureau d’étude bâtiment de LTC.  Ensemble, ils organisent une consultation qui retiendra l’Atelier Rubin et ses partenaires (EICE, Sirius Ingénierie, Jardin Public) pour assurer la maîtrise d’œuvre du projet parmi dix candidats.

Une architecture frugale et écoresponsable

Tout d’abord, le projet nécessite la déconstruction en 2021 d’une ancienne école désaffectée, abandonnée depuis plus de 20 ans, amiantée et insalubre. Le but était de conserver une trace de l’histoire de l’école, mais finalement, seule une fresque peinte sur un pignon a été préservée. Une opération coûteuse : 177K€ qui a bénéficié des aides de la Région (25K€) et de l’Etat (DETR 48K€).

L’équipe de maîtrise d’œuvre avait pour mission de concevoir un bâtiment dans une optique bioclimatique, avec une orientation optimisée pour l’ensoleillement et des matériaux biosourcés.

Nous avions des convictions politiques et des exigences fortes. On n’a plus le droit de concevoir un bâtiment public sans montrer l’exemple de la transition écologique.

Olivier Houzet

Le bâtiment de 400m2 est donc isolé en paille locale (maximum 50 km) directement insérée dans des caissons en bois préfabriqués en ateliers par l’entreprise Motreff (Lannion) qui expérimente le matériau (voir la vidéo). Tant l’architecte que l’entreprise de mise en œuvre, aucun n’était expérimenté par la paille même si cela faisait initialement partie des critères de sélection. Enfin, parmi les clauses environnementales, notons celle sur la réutilisation des matériaux sur site afin de ne pas réaliser de “sortie matière” est très importante. Et une clause sociale qui imposait le recours à des chantiers d’insertion.

Une place publique perméable et un espace multifonctionnel

Les aménagements extérieurs sont dessinés par le cabinet d’architecte, mais ils sont mis en œuvre par le bureau VRD de LTC. « Ce choix nous garantit une efficacité et une réactivité importantes ainsi qu’un coût minimisé ». Le tiers-lieu est situé sur une place conçue dans une logique de gestion intégrée des eaux pluviales (GIEP). Elle est donc entièrement perméable (revêtement poreux) et multiple les aménagements d’infiltration (noues ..). Ce projet a permis de déraccorder les eaux pluviales de la mairie, la bibliothèque, le parvis devant la bibliothèque et toute la voirie allant jusqu’à la salle des fêtes. La place est aménagée avec des plantes locales et mellifères, contribuant ainsi à l’enrichissement de la biodiversité locale.

Les élus ont souhaité un autre symbole en proposant de nommer la place au nom de l’ancienne co-présidente du GIEC, la climatologue Valérie Masson-Delmotte. Surprise au départ par cette demande, elle a accepté en comprenant la cohérence de ce projet.

Dans le monde, c’est souvent à l’échelle locale qu’on aborde les choses dans leur ensemble.

Valérie Masson-Delmotte

Ce projet de requalification de l’espace public a permis de créer des liens entre différents bâtiments publics (mairie, bibliothèque, salle des fêtes) et a ouvert un cheminement doux et accessible aux personnes à mobilité réduite.

Une énergie citoyenne

Le bâtiment est à énergie positive, grâce à une centrale photovoltaïque citoyenne installée en toiture. Portée par la SAS Kerwatt, cette centrale a été financée par un prêt bancaire et 20 000 € de participation citoyenne. À l’issue des 20 ans de contrat, la commune récupérera les panneaux. Ce partenariat innovant illustre l’ambition du projet : allier écologie, pédagogie et modèle économique alternatif.

Une dynamique participative forte

La création du tiers-lieu a été jalonnée d’ateliers citoyens, de réunions publiques, mais aussi d’une communication originale : des carnets de chantier publiés en supplément du bulletin municipal (n° 1, 2 et 3). Cette transparence a permis aux habitants de s’approprier le projet, d’en suivre l’évolution et de contribuer à ses usages futurs.

Aujourd’hui, c’est la structure préfiguratrice Quai Commun qui pilote aujourd’hui l’animation du lieu. Statutairement, Quai commun est un collectif d’organisation du tiers-lieu, faisant partie de KEN’Anim, une structure associative regroupant plusieurs associations locales. A terme, la création d’une SCIC est envisagée.

Quai Commun anime le lieu avec des activités déjà testées : paniers fermiers, repair café, coworking, cafés associatifs, ateliers tricot, cafés poussettes, etc. L’association, soutenue par la commune et T@g22, a été impliquée dans la configuration des espaces intérieurs. Elle ne paie pas de loyer la première année, le temps de structurer un modèle économique stable. Seule une salle au RdC conçue pour accueillir des conférences-débats et séminaires reste gérée directement par la municipalité.

Les aspects financiers

Le coût global du projet s’élève à 2 millions d’euros, financés à 45 % par des aides publiques (État, région Bretagne, département des Côtes d’Armor, Agence de l’eau Loire-Bretagne).

Les éléments financiers détaillés seront bientôt disponibles.

Contacts

 

Rédigé en août 2025

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