Une réhabilitation d’envergure pour transformer la salle polyvalente en tiers-lieu culturel à Saint-Hernin (29)

Infos pratiques
Adhérent 2021
Maire : Marie-Christine Jaouen
Adresse : Saint-Hernin, France
Téléphone : 02 98 99 51 27
Nbre d’habitants : 774
Superficie : 29,29 km²
Intercommunalité : CC Poher communauté
www.saint-hernin.fr
Contact BRUDED : Cécile Jamoneau
Autres expériences de Saint-Hernin
En réhabilitant et en agrandissant l’ancienne salle polyvalente, elle-même installée dans un ancien bar, l’équipe municipale ambitionne la création d’un tiers-lieu culturel. Dans cette commune où la culture est ancrée dans son ADN, ce nouveau lieu permettra à la fois d’accueillir des propositions artistiques locales, des spectacles de petites jauges dans des conditions qualitatives mais aussi des séminaires d’entreprises.
Saint-Hernin est une commune de près de 800 habitants, nichée entre les Montagnes Noires et le canal de Nantes à Brest, à une dizaine de kilomètres de Carhaix. La commune est avant tout réputée pour son dynamisme culturel et associatif. Depuis 2014, de grands événements sont co-organisés par la mairie et les associations locales ; à l’instar de la fête des voisins de clocher, de la fête de la musique (qui a accueilli en 2022 la compagnie Créole) ou du marché de Noël (devenu fête de Noël). À cela s’ajoute une programmation culturelle régulière, variée, à moindre coût, pour permettre à chacun d’accéder à la culture ainsi que des temps forts sur sa richesse patrimoniale (son enclos paroissial a même été pressenti pour figurer au Patrimoine mondial de l’UNESCO).
La culture est bien plus qu’une animation : c’est un véritable marqueur identitaire.
Marie-Christine Jaouen, maire
Repenser la salle polyvalente et mutualiser les usages
Prad Ar Stivell (« Prairie de la source » en breton) est le nom de l’ancien café du centre-bourg qui accueillait flipper, baby-foot et jukebox pour les jeunes, tandis que les anciens jouaient aux boules bretonnes à l’arrière. Racheté par la commune dans les années 1980 et transformé en salle polyvalente, Prad Ar Stivell a hébergé pendant trente ans repas associatifs, concerts, spectacles ; et même la bibliothèque jusqu’en 2019.
Mais avec le temps, les limites du lieu se sont imposées : vétuste, mal isolé, trop petit et mal équipé pour accueillir correctement les évènements. La programmation culturelle s’y est pourtant épanouie tant bien que mal. « Parce que la commune a toujours eu cette envie de faire découvrir, de rassembler, nous nous sommes tous adaptés au lieu, freinant aussi les possibilités d’élargir l’offre », reconnait la maire. Il est donc devenu essentiel de réhabiliter les locaux en allant au-delà de la simple rénovation. De plus, « les salles polyvalentes sont souvent sous-exploitées, alors qu’elles représentent un lourd investissement. Les financeurs avaient prévenu qu’ils ne soutiendraient qu’un projet plus large ». La mutualisation des équipements publics était déjà une préoccupation de Marie-Christine Jaouen, à l’instar de la médiathèque installée depuis 2019 dans la mairie et où la salle du conseil fait souvent office de salle d’activités. Éclot petit à petit l’idée d’un espace mutualisé et partagé, accueillant plusieurs activités, autrement dit un tiers-lieu.
Nous voulions proposer un espace public où des citoyens se rassemblent pour partager librement des ressources, des compétences, des savoir-faire .
Un projet pensé avec les habitants et les acteurs culturels locaux
Pour nourrir cette ambition, la commune s’appuie sur un diagnostic territorial mené par Jean-Baptiste Reble, qui soulignait déjà en 2010 que le Centre-Ouest Bretagne était « bouillonnant d’un point de vue culturel » mais auquel il manquait une « petite salle » adaptée aux artistes locaux, plus petite que la grande salle de spectacle Glenmor à Carhaix (600 personnes) mais plus grande et plus professionnelle que les salles polyvalentes habituelles.
La commune mandate alors Culture Lab 29, anciennement Musiques et Danses en Finistère, (organisme de formation professionnelle dédié aux acteurs culturels et aux personnels des collectivités, initié par le Département du Finistère) pour organiser en 2022 des rencontres citoyennes. Réunissant une centaine d’habitants, elles permettent de faire émerger deux collectifs : l’un dédié à la programmation culturelle, l’autre aux activités complémentaires (pratiques artistiques et culturelles). Ces citoyens (artistes locaux, bénévoles associatifs) travaillent alors avec la commune pour imaginer ce futur lieu.
Construire le projet : démolir, reconstruire, réhabiliter ?
Parallèlement, la commune confie à la Société d’aménagement du Finistère – SAFI (absorbée en 2024 par Finistère Habitat pour les missions d’aménagement du territoire) une étude sur la faisabilité programmatique, technique, urbanistique et financière de son projet. Sur cette base, elle choisit de réhabiliter et d’agrandir le bâtiment existant plutôt que de construire ailleurs ou démolir le bâtiment existant puis d’en reconstruire un nouveau au même endroit. Ce choix répond à une logique écologique, économique et patrimoniale : ne pas artificialiser de nouveaux espaces, réduire l’empreinte énergétique, préserver un bâtiment chargé d’histoire. L’étude de la Safi confirme la pertinence de cette option, renforcée par la situation idéale du site, en cœur de bourg et à proximité immédiate de l’espace d’accueil touristique.
Il est primordial de conserver le bâtiment actuel car il fait partie du patrimoine saint-herninois.
Des espaces modulables dans un bâtiment durable
L’agence d’urbanisme et architecture Bleuzen Tritchler&Cailliau est ensuite mandatée pour concevoir le projet, avec le défi de proposer une salle polyvalente qui soit aussi une salle de spectacle. Elle propose de conserver le bâtiment existant pour y aménager deux salles d’activités et de dédier le nouvel édifice à une grande salle modulable et adaptable de 158 m² équipée de gradins rétractables 60 places pour accueillir jusqu’à 120 personnes. Cette salle sera bien équipée en sonorisation et éclairage, même si Marie-Christine Jaouen reconnaît : « Pour les besoins du spectacle, la salle est sombre, mais l’éclairage apportera une ambiance agréable pour d’autres usages ». Un espace convivial de 54 m² ouvert sur une terrasse et le jardin d’eau complétera l’ensemble. Le lieu sera équipé d’un mobilier modulable et d’un office pour les moments de convivialité. La salle s’ouvre sur la place où une halle couverte avait été créée en 2021 de façon à accueillir en extérieur les manifestations culturelles et festives.
Le projet se veut exemplaire sur le plan énergétique : isolation complète (dont des enduits chaux-chanvre sur la partie historique) ventilation double flux, vitrages performants. L’audit annonce un gain énergétique de 89,4 %. L’Alecob accompagne la faisabilité de panneaux photovoltaïques en autoconsommation. Le bâtiment dont les travaux sont presque achevés à ce jour, pourrait être inauguré en juin 2026, lors de la célèbre fête de la musique de Saint-Hernin.
Une gestion communale à peaufiner
Dans un premier temps, la municipalité souhaite garder la gestion du lieu pour garantir la mise en place d’un projet qui soit en lien avec les valeurs et objectifs initiaux. Pour autant, les différents groupes de travail associant artistes et citoyens seront organisés pour affiner les contenus du projet et développer le projet culturel. L’embauche d’un volontaire territorial en administration (VTA) est envisagée pour initier l’activité tout en structurant le modèle économique en misant notamment sur l’accueil de séminaires. Des partenariats sont déjà noués avec les Vieilles Charrues, le Glenmor ou La Grande Boutique pour imaginer des programmations croisées. « On va aussi s’adresser aux entreprises qui pourront faire des séminaires », précise la maire. Enfin, le dernier objectif serait de répondre aux besoins du territoire bien au-delà de la commune. Il pourrait même devenir un espace de formation dans le cadre de l’appel à projets DEFFINOV, rapprochant formation et tiers-lieux.
Finances
Partis sur un budget de 900 K€, le coût du projet atteint finalement 1,6 M€
- Études et honoraires 150 K€
- Travaux 1,45 M€
Subventions : 863 K€
- DETR (études) : 127 €
- DSIL (en plusieurs phases) : 210 K€
- CD 29 (Pacte 2030) : 150 K€
- Fonds vert : 76 K€
- Région (Bien vivre) : 200 K€
- Poher Communauté : 100 K€
Reste à charge communal : 729 K€
La commune envisage de solliciter du mécénat auprès des structures culturelles à l’instar du Festival des Vieilles Charrues qui pourraient soutenir le projet.
Contact
Marie-Christine Jaouen, maire de Saint-Hernin
Rédigé en janvier 2026







