Saint-Pierre-Quiberon (56) : des actions de luttes contre le recul du trait de côte autour de l’isthme de Penthièvre

Infos pratiques

Adhérent : 2023
Maire : Stéphanie Doyen
Adresse : 70 Rue Docteur le Gall, 56510 Saint-Pierre-Quiberon, France
Téléphone : 02 97 30 92 00
Nbre d’habitants : 2193
Superficie : 7,54 km²
Intercommunalité : Auray Quiberon Terre Atlantique
www.saintpierrequiberon.fr/
Contact BRUDED : Guillaume Josselin

Autres expériences de Auray Quiberon Terre Atlantique, Saint-Pierre-Quiberon

Saint Pierre-Quiberon est une commune littorale de la communauté de communes de Auray Quiberon Terre Atlantique, AQTA, située de part et d’autre de l’isthme de Penthièvre, porte d’entrée de la presqu’île de Quiberon. La commune a deux façades maritimes, côté océan et côté baie, concernées par les risques littoraux de submersion, par le phénomène d’érosion côtière et de montée des eaux.

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La commune de 2 327 habitants l’hiver et plus de 20 000 l’été, est confrontée à de multiples enjeux car les constructions et aménagements proches du rivage sont nombreux et vulnérables. Côté océan, le risque de submersion est majoritaire alors que côté baie, les phénomènes de submersion et d’érosion s’alimentent mutuellement.

Les enjeux liés au recul du trait de côte

L’isthme de Penthièvre qui est menacé de part et d’autre par la montée des eaux et l’érosion côtière présente un enjeu fort de continuité territoriale. Cette petite bande de terre qui accueille la route, la voie de chemin de fer et les réseaux dessert la presqu’île de Quiberon et le port de Quiberon d’où partent les liaisons vers les îles de Belle-Île, Houat et Hoëdic.

L’enjeu économique est aussi fort car les campings situés proche du rivage sont menacés alors qu’ils sont un des moteurs touristiques du territoire. Par exemple, les trois campings municipaux sont impactés alors qu’ils constituent une ressource importante pour la collectivité et emploient du personnel.

Enfin, l’enjeu social est fort car plusieurs maisons d’habitation sont menacées. De plus, le sentier côtier très prisé des promeneurs est lui aussi menacé lorsqu’il est pris entre une falaise friable et une maison d’habitation par exemple.

Les ouvrages de protection ; digues ou enrochements, seront réservés à des secteurs à enjeux très forts difficiles à déplacer. Ailleurs, nous allons devoir reculer face à l’avancée de la mer et faire des choix qui seront parfois douloureux. Nous devons nous y préparer dès maintenant car plus nous attendrons, plus les décisions seront prises dans l’urgence, plus cela coutera cher et plus le choc sera important pour la population.

Stéphanie Doyen, maire

Un EPCI volontaire et précurseur sur le sujet

La commune de Saint Pierre Quiberon n’est pas la seule d’AQTA concernée par le recul du trait de côte sur les 360 km de littoral de l’EPCI.

AQTA s’est emparée du sujet via sa compétence GEMAPI (Gestion des milieu aquatiques et prévention des inondations). En 2019, l’EPCI est parmi les 3 lauréats à l’AMI « Pour une gestion durable du trait de côte dans le cadre de l’adaptation des territoires maritimes au changement climatique » porté par la DREAL Bretagne, la Région Bretagne et le CEREMA pour établir des stratégies court, moyen, long terme de gestion des risques littoraux afin d’anticiper les aménagements futurs et rendre le territoire plus résilient.

Les étapes :

  • De 2019 à 2020 : Etat des lieux, recueil de données, élaboration d’un diagnostic précis.
  • De 2021 à 2022 une grande concertation publique intitulé « La mer monte ! ». Des ateliers sont organisés avec les habitants pour partager le diagnostic et « co-construire les solutions de demain ».
  • En 2023, un livret de restitution compilant les connaissances acquises et la démarche est publié. https://www.calameo.com/read/00482152701abc1e7925d.
  • En 2024, la stratégie fait l’objet d’une contractualisation financière avec la Banque des territoires.

Pour ces études, la CC était accompagnée par les BE TANIT, IDEA Territoires, Egis et plus récemment par le BE Artélia.

L’isthme de Penthièvre

Extrait du livret du restitution « La mer monte », page sur l’isthme de Penthièvre

La restitution « La mer monte ! » pointe l’isthme de Penthièvre comme un secteur à risque majeur où se concentre de nombreux enjeux et une situation qui évolue rapidement.

AQTA et la commune doivent composer entre des actions court terme pour pallier aux urgences (dégradation sur les ouvrages) et les actions long terme à venir suite aux études, courantologie, biodiversité…, et démarches administratives longues et complexes préalables à une intervention sur un milieu fragile.

A l’arrière d’un long ouvrage, alternance de perrés et d’enrochements, côté baie qui va de l’isthme vers le fond de baie, l’érosion est préoccupante. L’ouvrage, construit initialement pour consolider la dune, a modifié la courantologie et accentue le problème.  L’hivers 25/26 a particulièrement impacté la solidité de l’ouvrage.

Les réflexions sont au stade de l’avant-projet mais les collectivités s’orienteraient vers une solution fondée sur la nature.  Les travaux pourraient consister à retirer l’enrochement et alimenter la plage en sable. Ces travaux, action à moyen / long terme, doivent ensuite favoriser la reconstitution et l’épaississement naturel de la dune.

Le site comprend une ancienne colonie de vacances qui n’est plus exploitée depuis plusieurs années. L’activité est menacée par la conjugaison des phénomènes de submersion et d’érosion et pose la question du devenir du site à court terme.

Le camping Municipal de Penthièvre

Un peu plus loin le long du même enrochement vers le fond de la baie de Quiberon se trouve le camping municipal de Penthièvre qui s’étale sur la dune jusqu’à la plage. Là aussi, l’érosion est visible à l’arrière de l’enrochement ou la mer vient ronger la dune.

Jusqu’en 2021, une première rangée d’emplacements à quelques mètres de l’enrochement était présente à l’année. Ils disposaient d’accès individuels à la mer qui généraient autant de point de fragilisation de la dune.

La commune a décidé de supprimer ces 90 emplacements pour caravanes, des plantes d’ornement et installations, aménagements associés soit un recul de 50 mètres pour permettre à la dune de se reconstituer. Le renoncement à ces emplacements représente une perte sèche de 100 000 euros par an pour la commune. La mesure s’est avérée utile car le cordon dunaire s’est rapidement « engraissé » et reconstitué. Cependant, les tempêtes hivernales 25/26 ont rogné les gains et bien plus.

L’urbanisation de la bande des 100 mètres se poursuit

Je ne signerais plus aucun permis dans la bande des 100 mètres. Ce sera accordé tacitement. Chaque nouvelle construction est une menace pour des vies humaines, un risque d’indemnisation futur et un jugement au tribunal.

Stéphanie Doyen, maire

En arrière du cordon dunaire ou des falaises friables côté baie, dans les zones urbanisées de la bande des 100 mètres, la densification se poursuit dans un contexte de forte pression foncière et de valeur élevée du mètre carré constructible. Stéphanie doyen, maire de Saint Pierre Quiberon, y plaide pour une interdiction complète de la construction.

Nous avons besoin d’un cap clair et ferme de tous les niveaux de collectivité pour être soutenu dans nos démarches auprès des habitants, pour travailler ensemble, se doter d’outils efficaces et passer à l’action dès maintenant !

Stéphanie Doyen, maire

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