Arzano (29) : Des résidences d’architectes pour déterminer la destination d’un bâtiment communal vacant.
Infos pratiques
Adhérent depuis 2006
Maire : Anne Borry
Adresse : 1 Place de la Mairie, 29300 Arzano, France
Téléphone : 02 98 71 74 67
Nbre d’habitants : 1 397
Superficie : 34 km²
Intercommunalité : Quimperlé communauté
www.arzano.fr/
Contact BRUDED : Guillaume Josselin
Autres expériences de Arzano
La collectivité, épaulée par le CAUE du Finistère, lance des résidences d’architectes pour définir la destination d’un bâtiment communal vacant en cœur de bourg. La démarche, qui fait émerger de nombreuses idées, aboutit à des logements en collocation aux étages et un commerce au RDC.
La commune d’Arzano s’est engagée dans un programme ambitieux de revitalisation de son centre-bourg, qui s’est terminé avec la livraison de la maison médicale, de 11 logements sociaux et d’espaces publics entièrement rénovés, offrant aux piétons des espaces agréables, fonctionnels et paysagers en hyper centre-bourg.
Les nombreux projets qui marquent positivement le centre-bourg sont concentrés dans un périmètre restreint dans lequel se trouve notamment le CIAL (Centre Intercommunal d’Animation et de Loisirs) : un bâtiment massif et vacant en front de rue, ayant été détruit pour moitié, et faisant partie intégrante de l’histoire récente de la commune et de ses habitants. Ce bâtiment (propriété de la commune) dispose d’une surface de 150 m² au sol, de construction robuste, déployé sur 3 niveaux, face à la mairie. Il a été intégralement vidé de ses équipements vétustes et diagnostiqué. Il sera alimenté par le réseau de chaleur installé sur la commune à l’automne 2023.
En 2024, les élus souhaitent définir un nouvel usage au CIAL pour poursuivre la lutte contre la vacance tout en densifiant l’offre de services. Pour cela, la municipalité fait appel au CAUE du Finistère qui l’oriente vers son dispositif PAF (Programmation Actif en Finistère) qui consiste à s‘appuyer sur des résidences d’architectes pour identifier et faire émerger des besoins, des usages après concertation avec les habitants et les forces vives de la commune. Les élus sont séduits par la démarche et valident la méthode.
La démarche PAF
Dans cette démarche PAF, le CAUE 29 accompagne les élus dans la rédaction du cahier des charges du recrutement d’un prestataire puis diffuse l’appel d’offre dans un réseau de professionnels connus partageant des valeurs telles que : la sobriété de projet, l’attention aux détails, le soin du « déjà là », l’inscription du projet dans l’histoire locale, le rapport que les habitants entretiennent avec le lieu étudié et son histoire… Le CAUE 29 accompagne aussi la commune dans l’analyse des dossiers de candidatures et organise les auditions.
En plus de la démarche PAF, petite révolution dans la manière d’appréhender notre sujet, le CAUE du Finistère nous a apporté une ingénierie de projet très appréciable !
Anne Borry, maire d’Arzano de 2014 à 2026
Le groupement d’études composé de Jérémy Gouellou, urbaniste et architecte, et Claire Beauparlant, socio vidéaste, est retenu.
Les résidences
Les six semaines de résidence sont réparties sur 3 mois en 3 sessions de 2 semaines. Durant ces périodes, le groupement d’études s’est installé à Arzano, s’imprègne de l’ambiance du territoire, échange avec les forces vives locales et expérimente les dynamiques du « déjà là » sur différents temps. L’ouverture du lieu en journée comme « maison du projet » permet à chacune et chacun de pousser la porte, de venir voir « ce qui se passe », et de contribuer à la concertation, de façon moins formelle et programmée que dans les modalités habituelles.
La résidence change le rapport au projet, à ceux qui le dessinent, et place le citoyen comme un acteur sans formalisme. Ça permet aussi de donner le temps au gens de s’exprimer, de leur donner l’impression qu’ils sont pris en compte et ils le sont !
Anne Borry
L’organisation d’événements divers a permis de mettre les murs à l’épreuve des usages, d’expérimenter des dynamiques, des circulations, des ambiances, des éclairages variés en expérimentant différentes activités, allant de tournois de PlayStation à des ateliers de dessin, en passant par des répétitions musicales ou des soirées conviviales (concert, spectacle, repas de crêpes…).
A l’opposé des méthodes de maitrise d’œuvre ordinaires, dans lesquelles le travail se fait à distance, de façon un peu « hors-sol », la résidence promeut une imprégnation et garantit une conception adaptée au territoire et à ses caractéristiques propres. Les architectes ont pu échanger avec des habitants ou usagers autour d’un café sans que les élus ne soient présents.
Cette approche a permis, non seulement de définir un projet soigneusement adapté aux conditions locales, mais aussi de réconcilier des opposants au projet, en leur donnant une occasion unique de raconter les raisons de leur attachement au site ou de leur réticence au projet.
Ainsi, les critères ne sont plus seulement techniques ou économiques, mais la valeur émotionnelle du projet en devient une composante, dont les élus comprennent alors mieux l’interaction avec la dynamique de projet.
Anne Borry
- Photos extraites du rapport de résidence par claire Beauparlant et Jérémy Gouellou
Après la démarche PAF, un programme et un mini concours
Dans le cadre d’un marché complémentaire, les architectes ayant réalisés la résidence ont ensuite travaillé à la rédaction d’un programme global pour l’ancien CIAL et l’ilot « Brizeux ». L’îlot Brizeux situé en face du CIAL abrite l’épicerie associative au RDC d’un bâtiment nécessitant une rénovation lourde pour la création de logements aux étages. Le programme acte des orientations, usages, nombre de logements…, sur la base des idées qui ont émergé des résidences et support des étapes opérationnelles qui suivent.
Regrouper les deux marchés a plusieurs fonctions : les deux projets sont liés car l’épicerie va être déménagée provisoirement dans le CIAL le temps de la rénovation du bâtiment et de la création des logements. Ensuite, les projets étant relativement modestes en taille, les regrouper rend le marché plus attrayant et limite le risque d’avoir des lots infructueux (individuellement les projets sont trop petits pour les grosses entreprises et un peu gros pour les petites avec les contraintes des marchés publics). Enfin, les sites se faisant face le long de la traversée du bourg, cela permet d’apporter une cohérence dans les esthétiques retenues.
- Extraits du rendu du groupement mené par socle et Massstab
Le programme donne les orientations suivantes :
- Déménagement temporaire de l’épicerie au rez-de-chaussée de l’ancien CIAL
- Rénovation lourde du local de l’épicerie
- Création de logements aux étages de l’ancien CIAL
- Création de logements à l’étage de l’épicerie
- Déménagement de l’épicerie : retour dans ses locaux rénovés.
La rénovation se fera avec une attention particulière aux performances énergétiques (isolation, énergie renouvelable) en utilisant au maximum des matériaux biosourcés et de réemploi.
A l’issue de ce déroulé, le rez-de chaussée de l’ancien CIAL pourra accueillir une nouvelle activité commerciale de type bar/restauration (sans porteur identifié à ce jour), en utilisant les installations qui auront servi à l’épicerie (conçues pour être ré-employées). Une petite partie du bâtiment restera « brute » (non isolée non chauffée) afin de limiter le coût de cette phase de travaux et de tester la viabilité du projet, dans une échelle « raisonnable ».
Dans le CIAL, le programme de logements consiste en une colocation de 147m2, comprenant 6 chambres de tailles variables, déployées au R+1 et R+2. Cette idée issue du travail du PAF a été unanimement validée en conseil municipal pour répondre à des besoins de logements pour une période limitée : rupture dans le couple, salariés agricoles pour 3 mois, nouveaux arrivants sur le territoire avec un travail mais pas de logement : « Nous avons l’exemple d’une personne recrutée à l’EHPAD qui n’a finalement pas pris le poste car elle ne pouvait pas se loger ». La conception du logement permet de transformer aisément la colocation en plusieurs appartements. La colocation (comme les logements créés à l’étage de l’épicerie) seront gérés par la commune.
Pour sélectionner la maitrise d’œuvre de conception, l’appel d’offre se fait sous la forme d’un mini concours. Les équipes sont présélectionnées sur la base de leurs références et d’une lettre de motivation. Quatre candidats sont retenus parmi les 27 candidatures ! Le rendu du mini-concours est une esquisse qui doit tenir sur 4 feuilles A3 sans image de synthèse et présentée lors d’une audition. Le travail effectué est rémunéré 2000€. Le groupement retenu est composé de Socle et Massstab qui assure la suite de démarche PAF. L’AVP (Avant Projet Définitif) a été validé en conseil municipal le 3 mars 2026. Le permis de construire a été déposé dans la foulée pour les 2 bâtiments.
Bilan provisoire
L’ambition du programme global représente un investissement financier et une mobilisation des équipes (élus et administratifs) importants. L’accompagnement en ingénierie de projet reste une difficulté pour les projets d’ampleur dans les petites communes. Le CAUE et FIA ont accompagné le projet en phase d’étude de faisabilité, de concertation, d’écriture du programme et de sélection de la maitrise d’œuvre. Le chargé de mission « Village d’Avenir » apporte un soutien en ingénierie financière dans la phase opérationnelle qui va démarrer.
Bilan financier provisoire :
Dépenses :
- Coût total du projet : 962 500 €
- Montant des honoraires / études (y compris maitrise d’œuvre) : 72 500 €
Recettes :
- Montant des recettes générées par l’opération (loyers…) : 20 000 €/an
- Des demandes de subventions sont en cours.
Article rédigé en mars 2026


















