Silfiac (56) : un plan de paysage éolien pour accompagner le développement des énergies renouvelables

Infos pratiques
Adhérent depuis 2006
Maire : Olivier Constant
Adresse : Le Bourg, 56480 Silfiac, France
Téléphone : 02 97 27 60 13
Nbre d’habitants : 462
Superficie : 22 km²
Intercommunalité : Pontivy communauté
www.silfiac.fr
Contact BRUDED : Cécile Jamoneau
Autres expériences de Silfiac
Entre le désir d’accueillir des installations de production d’énergies renouvelables et le risque corrélé d’un paysage « mité » ou transformé massivement, la commune de Silfiac décide en 2020 d’initier un « Plan de paysage éolien ». Cette démarche volontaire et participative vise à mobiliser l’ensemble des acteurs pour construire un projet de territoire en utilisant le « prisme intégrateur du paysage ».
Petite commune morbihannaise du Centre-Bretagne, Silfiac (499 habitants) est engagée de longue date dans la transition énergétique. Dès 2006, elle accueille le parc du Savello composé de quatre éoliennes. Une dizaine d’années plus tard, l’intérêt des développeurs privés s’intensifie. Les projets se multiplient, sans cohérence d’ensemble, générant inquiétudes et tensions chez les riverains comme chez les élus, qui ne peuvent donner qu’un avis consultatif pour ce type de projet, l’État étant le décideur final.
L’accumulation de projets bousculait l’équilibre du territoire et inquiétait la population, soucieuse de préserver son cadre de vie .
Olivier Constant, maire.
Un contexte propice mais une situation devenue ingérable
Malgré un couloir militaire aérien, Silfiac dispose d’un fort potentiel éolien : un relief marqué, un point haut à 272 m, des secteurs peu habités : autant d’atouts qui attirent les développeurs. « Même si nous souhaitons contribuer au PCAET de l’intercommunalité, il était inenvisageable que toutes les zones éligibles soient équipées ». La commune cherche alors un outil pour objectiver les choix, apaiser les débats et construire une vision partagée et faciliter l’acceptabilité des projets.
« Le paysage étant perçu et vécu par les populations, il n’est pas un domaine de spécialité : chacun peut se sentir concerné. Mettre en œuvre la transition énergétique (souvent complexe) par la démarche de projet de paysage, c’est rendre possible l’implication des habitants à l’élaboration du projet. Le paysage devient un langage, un objectif, une attention, un bien commun. Les élus, les habitants, les associations, ne sont plus positionnés en réaction, mais en action, par leur capacité d’implication dans le projet de paysage pour la transition énergétique. » Extraits du site du ministère de la transition écologique consulté le 17 mai 2022
En 2021, la commune répond à l’appel à projets « Plans de paysage – Transition énergétique » porté par l’Etat, l’ADEME et l’OFB. Ce dispositif vise à reconnaître le paysage comme un levier essentiel pour accompagner la transition énergétique et écologique des territoires. La démarche permet notamment d’anticiper la planification des projets en articulant les différents outils qui encadrent le développement des énergies renouvelables sur une commune (PCAET, SCoT, SRADDET, PLUi). L’objectif est alors de construire un plan de paysage capable de répondre aux défis de la transition énergétique tout en respectant le patrimoine architectural et naturel. Le travail consiste finalement à croiser les ambitions de production d’énergie avec les exigences de qualité paysagère.
Dans le cadre de l’appel à projets, l’ADEME finance cette étude à hauteur de 19 600 €, sur un budget total de 28 000 €, complété par la Région Bretagne (2 500€) et la commune. Deux prestataires accompagnent la collectivité : Énergies Ouvertes (ÉO), Scop redonnaise spécialisée dans l’expertise énergétique et le Bureau d’Études nantais De Long en Large, en charge de l’approche paysagère.
Une démarche rigoureuse et participative
La démarche associe 8 habitants volontaires et 4 élus – organisés en comité technique, constitué dès la première réunion publique. La méthode alterne travail en salle et immersion sur le terrain. « Chaque participant a été présent de manière sensible, mué par la volonté de développer les énergies renouvelables », témoigne le maire.
La démarche se déroule en trois grandes phases :
État des lieux et lecture du paysage (juillet-décembre 2021)
Les habitants identifient les « lieux d’attachements » et participent à deux visites de terrain. Une tablette interactive permet de visualiser l’implantation potentielle d’éoliennes depuis différents points de vue. Une campagne de photographies sert à produire des photomontages réalistes.
- ©EO
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Définition des enjeux et objectifs de qualité paysagère (décembre 2021-mars 2022)
Les habitants évaluent deux scénarios proposés par les deux prestataires, sur la base de l’état des lieux, basés sur des cartes comparatives et photo-montages. Ils identifient les critères prioritaires : perception d’ensemble, lignes de crête, effets cumulés, paysage habité et traversé. Trois grands objectifs structurent l’analyse des scénarios :
- Équilibrer transition énergétique et cadre de vie,
- Valoriser les motifs paysagers spécifiques (creux et bosses, maillage des hameaux, bois et haies, vues dégagées),
- Prendre en compte les ressources naturelles, agricoles, énergétiques et financières.
Construction collective d’un scénario acceptable (mars-mai 2022)
Chaque participant propose son scénario idéal. Un travail d’itération et de votes successifs permet de converger vers une stratégie commune. « C’est l’étape la plus délicate. Elle nécessite un travail collectif pour rationaliser et objectiver la décision ».
Le scénario finalement approuvé privilégie les « motifs regroupés », plus facilement intégrables grâce aux masques végétaux et au relief. Prenant en compte la sortie de terre annoncée dans la commune voisine – et effective depuis ce printemps 2026 – d’un parc de six éoliennes, alignées le long des limites sud de la commune, il retient le développement d’un secteur au Nord en trois petites zones, incluant le parc existant et débordant sur une commune voisine (consultée et favorable au projet). Il peut accueillir au total sept éoliennes. Il préserve un espace de respiration central, évite une deuxième « ligne d’éoliennes ».
Un outil utile, même sans valeur juridique
Le plan de paysage est adopté en conseil municipal en juin 2022 puis présenté en réunion publique. Il permet à la commune d’anticiper la loi APER et de définir ses zones d’accélération des énergies renouvelables.
S’il n’a pas de valeur réglementaire, il a déjà prouvé son efficacité : un développeur a tenté de s’implanter dans une zone rejetée par le plan de paysage. S’il a finalement retiré son projet trois jours avant la décision des services instructeurs, il aurait de toute façon reçu un avis défavorable. Cet épisode confirme que le plan de paysage a pleinement joué son rôle en guidant l’analyse et en protégeant les secteurs jugés sensibles.
Comme le préconise le Plan de paysage, c’est le « respect de la territorialisation du projet éolien communal, matérialisée par le scénario retenu et l’ensemble des recommandations formulées qui rend acceptable un éventuel projet futur. Le respect de ces deux volets est indispensable.»
Pour « faire vivre » le plan de paysage, s’assurer que les propositions sont bien suivies, poursuivre la démarche et accompagner les projets, un groupe de suivi est mis en place.
Nous avons désormais un plan communal de développement de l’éolien qui, s’il est réalisé, est acceptable pour le territoire.
Pour aller plus loin :
- Plan de Paysage Éolien de Silfiac
- Réaliser la transition énergétique par le paysage – ADEME
- AAP Grand prix national du Paysage 2026 (limite des candidatures 11 septembre) : objectif-paysages.developpement-durable.gouv.fr
Contact
Olivier Constant, maire de Silfiac
Rédigé en août 2026










