Retour sur la visite : Construire ou rénover avec des matériaux locaux et écologiques à Saint-Dolay, 29 juin 2016

Expérience > La rénovation – extension du restaurant scolaire de Saint-Dolay (56)

Comment favoriser les dynamiques locales à l’occasion de vos projets de construction ? utiliser des matériaux produits dans l’ouest, faire appel à des savoir-faire traditionnels, favoriser le  « faire faire » , inscrire dans une démarche d’insertion…

La rénovation-extension du restaurant scolaire de Saint Dolay (56)

En 2012, face à l’augmentation du nombre d’enfants scolarisés sur la commune, les élus ont opté pour une rénovation-extension du restaurant scolaire existant, situé à moins de 200 mètres des deux écoles. L’objectif : accueillir les enfants dans un espace confortable et sain. La qualité acoustique, l’éclairage naturel, la sécurisation des déplacements piétons (construction d’un abri vélo en bois local par un artisan de la commune) ont également été réfléchis dans le cadre d’une approche globale et pour un coût maîtrisé. Aujourd’hui, le restaurant scolaire a une capacité de 200 enfants et comprend deux salles distinctes pour accueillir les plus petits séparément. La commune a été accompagnée par l’architecte Thierry Burgaud, dans un esprit de développement durable pour le bien-être et le confort des usagers. Les matériaux locaux, sains et écologiques ont été privilégiés :
  • ossature bois provenant du grand ouest
  • menuiseries en bois provenant de forêts certifiées
  • briques de terre crue de Vendée,
  • carrelage recyclé,
  • peintures et colles labellisées,
  • panneaux acoustiques suspendus en métisse (coton recyclé), réalisés par Le Relais.
La performance énergétique du bâtiment a été améliorée avec le recours à un réseau de chaleur bois, avec l’appui du Conseil en Énergie Partagée du Pays de Vannes. Sur ce chantier, 175 heures ont été réalisées par des personnes en insertion, qui ont travaillé aux côtés des entreprises locales. Avec un vrai impact sur l’emploi puisque sur le Morbihan, le taux de retour à l’emploi est de 50% environ ! Jean Jacques Coquelle, facilitateur de clauses sociales sur le Département du Morbihan, précise que des facilitateurs  sont présents sur tous les territoires à l’échelle des intercommunalités, Pays ou Départements. Ils accompagnent les élus dans la rédaction des marchés publics incluant des clauses d’insertion.

Réforme des marchés publics : les dynamiques locales et durables favorisées

L’ordonnance du 23 juillet 2015 et le Décret du 27 mars 2016 remplacent le code des marchés publics et actent la place du développement durable dans la commande publique, désormais au même niveau que le principe de libre concurrence. L’objectif de développement durable peut désormais être traduit dans les clauses (sociales, environnementales) et critères de sélection des entreprises. Concrètement, la notion de coût global peut être utilisée pour comparer les offres (et non plus seulement le prix des prestations). Il intégrera les coûts d’usage (prix d’acquisition, coût de fonctionnement, coût de maintenance, coût de fin de vie). La prise en compte des impacts environnementaux ou sociaux aux différentes étapes du cycle de vie est possible. Par exemple pour la construction d’un bâtiment, il s’agit de l’extraction des matières premières en amont et la déconstruction en aval. De nouvelles pratiques sont encouragées, notamment le sourçage ou sourcing : il s’agit d’identifier, recenser puis selon les cas rencontrer, réunir des informations sur les acteurs économiques du territoire pour identifier les offres les plus à même de répondre au marché, les offres innovantes, mais aussi informer les entreprises sur ses projets et favoriser l’accès des TPE et PME au marché. Ces démarches ont toujours lieu en amont de la consultation publique pour respecter les règles de la mise en concurrence.

Favoriser l’emploi au travers de projets d’urbanisme et de construction: retours d’expériences du réseau BRUDED

Plusieurs leviers d’actions

Au sein du réseau BRUDED, les communes sont nombreuses à promouvoir l’emploi local au travers de leurs projets. En matière de construction et d’aménagement, les expériences de collectivités mettent notamment en avant 4 leviers d’actions pour les élus :
  • Acheter des matériaux produits localement, à l’image du restaurant scolaire de Saint Dolay.
  • Faire appel à des savoir-faire locaux, comme pour la salle multifonction de Mouais (44) ou le multi-accueil en paille de la CC de Saint Meen-Montauban, à Muel (35) : paille locale, enduits terre du site, bois breton et ouate de cellulose mis en œuvre par des entreprises bretonnes.
  • Contribuer à l’insertion et à la formation  via par exemple une clause d’insertion sociale dans les marchés de travaux pour plusieurs lots : gros œuvre, charpente, bardage, platrerie, à Saint Dolay.
  • Faire faire plutôt qu’acheter sur catalogue, pour le mobilier : à l’école de Saint Ganton (35) les bancs, porte-manteaux, armoires ont été réalisés par la ressourcerie locale. A Plélan-le-Grand (35), le mobilier intérieur a été intégré dans le lot aménagement du marché, tandis qu’à Trélivan (22) un banc a été réalisé en régie par les services, avec du bois breton directement acheté en scierie (Lantic).

Les grandes étapes du projet

1. Afficher sa volonté politique dès le recrutement de l’architecte : définir des objectifs en termes d’usages et de développement durable, et les transcrire dans le cahier des charges 2. Recruter une maîtrise d’œuvre compétente et motivée : prendre le temps d’auditionner les équipes, prévoir une conception qui associe les usagers, ne pas se baser sur le seul critère du prix 3. Eco-matériaux : impliquer le Bureau de contrôle, décisif en matière d’assurance (sécurité et solidité) : inclure dans les missions du BC du temps pour étudier et donner son aval lors des phases de conception 4. Rédaction du Marché de travaux, s’assurer de la transcription des objectifs :
  • En ayant recours à des labels, des exigences de provenances….
  • En identifiant et rencontrant les acteurs économiques du territoire avant la consultation, et en diffusant l’annonce aux artisans susceptibles d’y répondre (sourçage)
  • En définissant des critères qui permettent de faire le bon choix : coût global mais aussi méthode, délais….

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