Michel Guernévé, maire de Locqueltas (56)

Locqueltas est une commune située à 10 km au nord de Vannes. Elle s’appuie depuis 2018 sur un plan de référence pour cibler les priorités et le calendrier prévisionnel d’aménagements et d’acquisitions foncières. La commune accueillera le 20 novembre prochain une visite afin de présenter les projets multiples, réalisés et en cours, ayant pour objectif de créer des logements et d’accueillir de nouveaux commerces : création ou rénovation de bâtiments, en régie ou via un bailleur, avec ou sans portage foncier de l’EPF Bretagne.
Quels sont les enjeux de la commune en termes d’habitat ? Pourquoi est-ce important de créer du logement ?
Locqueltas loge des actifs travaillant à Vannes et prend sa part dans les objectifs de densification, alors que le PLU inscrit un objectif de 2 600 habitants à l’horizon 2036. Proposer des logements neufs est aussi un moyen de financer le développement de la commune et de garder les écoles ouvertes.
Les opérations de création de logement sont de plus en plus complexes à mener pour la commune car les bailleurs sont difficiles à attirer et les coûts de constructions sont en hausse, malgré l’appui de l’EPF Bretagne pour acquérir du foncier.
Quels moyens mobilisez-vous pour une offre qualitative et abordable en lien avec les besoins des habitants ?
Lors d’aménagements, le choix de l’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) est primordial. Nous avons initié un projet de 90 logements individuels et collectifs au sein d’un lotissement. Lors de la sélection de l’AMO, nous serons attentifs à favoriser une approche participative et environnementale forte, en associant les futurs habitants et les riverains.
D’un point de vue environnemental, les enjeux de la gestion de l’eau et la place de la biodiversité sont pris en compte dès le début. On a choisi par ailleurs de ne pas proposer trop de règles constructives dans un modèle en lots libres.
Quand cela est possible, maîtriser le foncier et les travaux permet de garantir une offre qualitative et abordable. Cela a longtemps été la stratégie de la commune mais le budget ne le permet plus. Cela passe désormais plutôt par des orientations d’aménagement et de programmation (OAP) qui cadrent les aménagements.
Vous devez réfléchir au zéro artificialisation nette (ZAN) et aux questions de densification que cela induit. Quelles solutions envisagez-vous à moyen et long terme ?
Alors que la commune a été parmi celle avec la plus forte croissance démographique de la communauté d’agglomération, les réserves foncières s’épuisent. Le lotissement en cours absorbera le quota de quatre hectares fixé au titre du ZAN pour 2031. Les deux hectares restants d’ici à 2050 ne suffiront pas si on se fie aux projections démographiques.
Les projets actuels sont déjà couverts par des OAP. Nous allons devoir recourir davantage à créer des logements collectifs pour répondre aux exigences du ZAN. Cela sera aussi complété par la rénovation de bâtiments anciens dans le bourg. Pour tous ces types d’opérations généralement plus onéreuses, nous allons devoir trouver le modèle économique adapté. La question du financement du développement de la commune à l’avenir se posera au vu de la baisse des ventes de terrains ou de logements.
Le réchauffement climatique nous montre chaque jour que nous devons adapter nos modes constructifs pour que les logements soient « vivables » ; Comment abordez-vous cette question ?
Les projets actuels relèvent principalement des porteurs privés pour la construction en lots libres ou du bailleur Morbihan habitat pour la rénovation de l’ancien couvent en logements sociaux. La commune n’a donc pas beaucoup la main sur les choix des modes constructifs. Ils seront tous soumis à la règlementation environnementale 2020 (RE 2020). L’action de la commune sur ces sujets s’oriente plutôt sur l’espace public : plantation d’arbres, infiltration des eaux pluviales, végétalisation des cours d’écoles, réduction de la largeur des voiries dans les nouveaux aménagements par exemple.
Au-delà de l’habitat, quels projets contribuent à améliorer le cadre de vie de vos concitoyens ?
L’idée principale est de conserver le caractère rural de la commune. La coulée verte a été conçue avec le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement du Morbihan (CAUE 56) comme un espace convivial, pédagogique et de circulation douce pour raccorder les cheminements existants entre les zones résidentielles et le pôle d’équipement. La révision du PLU a également été l’occasion de réserver des terrains aux mobilités douces et notamment à la création d’une piste cyclable vers Vannes. Un budget est attribué aux services techniques pour la plantation d’arbres dans des lieux stratégiques. Une mini-forêt de 600 arbres a été plantée en décembre avec l’aide de Clim’actions Bretagne.
Quels conseils donneriez-vous à des communes qui sont concernées par ces enjeux de densification ?
Le plan de référence permet à la commune d’être réactive lors de la vente de maisons ou terrains puisque les zones ciblées pour la densification sont bien identifiées en amont. Les OAP dans le PLU permettent de définir les règles de densification sur les propriétés privées sur lesquelles la mairie n’a pas la main sur la partie aménagement.
La densification implique des terrains plus petits et donc une plus grande promiscuité. Il est important de s’appuyer sur des aménageurs qui intègrent la réflexion de l’implantation des maisons avec un objectif de vivre-ensemble tout en préservant l’intimité de chacun.
Et finalement, une démarche participative avec les anciens et les futurs habitants, quand c’est possible, facilite l’acceptation de la densification.
Michel Guernevé, maire de Locqueltas
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Programme et inscription à la visite de Locqueltas le 20 novembre 2026 « Logement et commerces en cœur de bourg : planifier pour plus d’agilité«
Rédigé en octobre 2026
Thématique : Actions pour la biodiversité, Aménagements de bourgs et d’espaces publics, Associer la population à ses projets, Démarches globales et participatives
