Saint-Joachim (44) : vers l’autonomie énergétique

Infos pratiques

Adhérent : Non
Maire : Raphaël Salaün
Adresse : 64 Rue Joliot Curie, Saint-Joachim, France
Téléphone : 02 40 88 42 31
Nbre d’habitants : 4087
Superficie : 86,22 km²

https://www.saint-joachim.fr/

Autres expériences de Saint-Joachim

Les élus de Saint-Joachim ont engagé depuis 2008 un ensemble d’actions visant à réduire les coûts énergétiques de son patrimoine bâti. Cette stratégie s’est notamment opérée par une reprise en main progressive de la compétence « énergie » à l’échelle communale.

Cliquez ici pour en savoir plus sur cette expérience

L’élément déclencheur de la démarche

La transition énergétique de la commune est née de la prise de conscience de la baisse des dotations de l’état et de la montée des prix de l’énergie. À cette époque le coût de fonctionnement des bâtiments communaux atteint un million d’euros. Parallèlement, la commune veut investir dans de nouveaux équipements sportifs sans augmenter les frais de fonctionnement. Le choix du solaire s’est opéré autour ce double objectif : investissement et réduction des coûts.

2010 : premiers investissements et mise en place du budget « énergie »

Sept sites ont été équipés de panneaux solaires photovoltaïques :

  • trois nouveaux : halle à raquettes, bâtiment sportif et hangar de stockage
  • quatre anciens : deux écoles, la salle des fêtes, le bureau poste et les services techniques.
  • Surface totale de panneaux : 2000 m²
  • puissance totale annuelle : 350 000 KWh/an
  • Coût des investissements solaire : 900 000 euros (prêt contracté sur 15 ans)

Bilan de l’opération : la commune produit ce que les services communaux consomment, éclairage public compris.

2019 : mise en place de la technologie aérovoltaïque


Scène du marais et 5 autres petits bâtiments existants
 :

  • surface panneaux : 600 m²
  • production annuelle d’énergie : 160 000 KWh/an d’électricité
  • production annuelle thermique : 120 000 kwh/an de chaleur et de rafraîchissement
  • coût des installations solaires : 400 000 euros

Parking :

  • 8500 m² de panneaux solaires sur le parking
  • coût : 1,8 millions d’euros financé par la société Langa (La commune dispose de 20% du capital de la société et récupèrera l’installation pour un euro symbolique au bout de 20 ans d’exploitation)

Une démarche qui lie économie et écologie

Les élus ont d’abord commencé avec les projets d’achat-revente d’électricité solaire avec les installations photovoltaïques des bâtiments du parc sportif. Depuis 2010 sept sites ont été équipés de panneaux solaires photovoltaïques : trois nouveaux (halle à raquettes, bâtiment sportif et maison de l’enfance) et quatre anciens (deux écoles, le hangar des carnavaliers et les services techniques). «L’argument économique a rejoint l’argument écologique» explique Denis Salaün, maire de la commune depuis 2020.

À cette époque, «l’auto-consommation n’était pas possible, il fallait forcément réinjecter l’énergie produite sur le réseau » nous rapporte Denis Salaün, agent en charge des finances et des marchés publics.
Aujourd’hui la démarche de la commune a évolué : l’énergie produite par les centrales solaires est consommée par la commune. Les élus réfléchissent aujourd’hui à des solutions de stockage de l’énergie pour maitriser les flux.

Une régie municipale de l’énergie et un budget dédié

Ces projets ont accompagné une montée en compétence progressive des élus sur le champ de l’énergie. L’équipe municipale a ainsi repris la main sur la gestion de l’éclairage public après une expérience décevante avec le SYDELA, le syndicat énergie du département. «Il n’y a rien de plus énervant que de demander un chapeau et d’avoir des bottes !» précise le maire et à force de faire par nous-mêmes, nous avons fini par prendre confiance en nous et par tout faire. «Quand on s’y intéresse, ce n’est pas très compliqué, une compétence, ça s’acquiert

Aujourd’hui, concernant l’énergie, nous faisons tout, tout seul. Par exemple sur l’éclairage public, nous avons repris la main sur l’ensemble de nos installations et sur leur gestion.

Raphaël Salaün, maire

Dès le début, la commune a fait le choix d’une gestion municipale en portant les aménagements en fonds propres sur le budget principal et en créant un budget spécifique « énergie » pour souscrire les emprunts des équipements «solaires», remboursés par les bénéfices générés par la production énergétique.

Un travail ténu élu/agent

Ces expériences ont été réalisées en lien tenu avec un binôme d’agents municipaux très investis sur le volet technique et financier. Ils évaluent en continue l’efficience des investissements réalisés grâce à des outils de contrôle placés sur l’ensemble des bâtiments de la commune. Ensemble ils prennent en charge ce qu’on appelle la GTB (pour gestion technique du bâtiment). De l’avis de Denis Salaün, «c’est très important d’impliquer les techniciens de la commune, qu’il y ait un retour par le bilan de consommation, donne envie de s’investir et d’aider la commune. S’il sait pourquoi il met en place les choses, son travail sera valorisé, c’est un cercle vertueux !»

2022 : une centrale solaire citoyenne sur le cimetière

Le dernier projet en date est une centrale solaire citoyenne solaire de 8 000 m2 pour une production annuelle d’énergie de 2,1 millions de KWh/an  pour un coût estimé de 2 à 2,5 millions d’euros. Ce projet qui doit voir le jour en fin d’année est encore plus ambitieux, et cela à plusieurs titres :

  • Innovation urbaine
    La centrale solaire prendra place sur le cimetière. La commune ouvre de nouvelles perspectives de libération du foncier pour la production d’énergie tout en palliant un problème récurrent lié au sol marécageux. En effet, chaque hiver, le cimetière subit des remontées d’eau qui abiment les sépultures, une situation problématique relayée par les habitants chaque année. Les ombrières vont permettre de canaliser l’eau vers de grands réservoirs dédiés à l’arrosage des stades de foot tout proches, solutionnant au passage la question de l’entretien de ces grands espaces engazonnés l’été. Un bon investissement quand «on sait que l’arrosage d’un terrain de foot, avec une bonne gestion, c’est 3000 m3 l’année dont 2000 m3 l’été, et sinon c’est 400 000 euros pour le refaire !» nous précise Denis Salaün.
  • Innovation citoyenne
    La commune s’ouvre au portage citoyen. Une communauté d’énergie citoyenne est en cours de constitution pour financer les panneaux et c’est elle qui décidera du choix du prestataire. Chaque famille disposant d’un compteur linky pourra acquérir quatre panneaux pour le prix de 1800 euros HT et consommer leur production d’électricité qui devrait varier entre 1500 et 1800 kwh par an. L’économie annuelle sur la facture d’énergie devrait se chiffrer entre 250 et 300 euros. Le surplus pourra être revendu par la communauté d’énergie citoyenne.

Bilan chiffré

Pour le chauffage : la commune a économisé 40% de sa consommation gaz de 2013 à aujourd’hui, tout en construisant 3 nouveaux bâtiments depuis 2015 pour une surface complémentaire de 3 400 m2. La commune a réduit la consommation énergétique (gaz et électricité) de ces bâtiments et de l’éclairage public de 39% entre 2011 et 2021.

Actuellement, la commune produit 24% de la consommation totale de son territoire (consommations municipales + habitants + entreprises). L’objectif de la mairie est d’approcher les 40% d’auto-consommation d’ici 2024.

 

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