Chevaigné (35) : un éco-hameau participatif dans une ZAC

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Chevaigné_habitat partagé_espaces privatifsChevaigné_habitat partagé_espaces privatifs
Chevaigné_habitat partagé_salle communeChevaigné_habitat partagé_salle commune

Infos pratiques

Adhérent 2022
Maire : Sandrine Vincent
Adresse : 7 Rue de la Mairie, Chevaigné, France
Téléphone : 02 99 55 82 17
Nbre d’habitants : 2 382
Superficie : 10,3 km²
Intercommunalité : Rennes Métropole
www.ville-chevaigne.fr
Contact BRUDED : Rozenn Simon

Autres expériences de Chevaigné

En 2008, le maire de l’époque Gilles Nicolas, souhaite proposer un nouveau type d’habitat, et imaginer une nouvelle façon d’habiter. Sur une surface de 5000 m2, au cœur d’une ZAC, il propose d’imaginer un nouveau projet pour attirer les habitants : la conception d’un éco-hameau participatif de 12 logements.

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La ZAC de la Branchère couvre 8 hectares en extension urbaine, 270 logements y sont prévus et 200 sont réalisés aujourd’hui (mars 2024). En 2008, du logement collectif est projeté, mais à l’époque ce type de logement n’attire pas. Le choix s’oriente vers du logement individuel dense. Le maire de l’époque, Gilles Nicolas, souhaite imposer au constructeur quelques principes écologiques à l’ensemble de la ZAC, notamment le non-déplacement de terre et la gestion intégrée des eaux pluviales.

En parallèle, il souhaite isoler un lot de 5000 m2 pour un nouveau type de logement, sur la base d’un projet participatif, écologique et économique. Selon lui, les différentes règles urbanistiques freinent les initiatives des citoyens. Caroline Buhot, adjointe en 2023 explique : « il a présenté quelques critères au promoteur : que l’habitat proposé soit le plus écologique et le plus économique possible, et qu’il soit construit pour et par les futurs habitants ».

A l’époque, le souhait des élus est également de proposer un habitat accessible à 2500€ TTC/m2 (terrain + bâti), tarif identique à un projet de construction traditionnelle. Pour cela, la mairie prend la décision de faire un effort sur le prix du foncier, pour participer de cette accessibilité.

Le démarrage

Les élus lancent un appel d’offres et sélectionnent le promoteur immobilier « Coop de construction », appartenant au champ de l’économie sociale et solidaire, qui va porter financièrement le projet. C’est également un des rares promoteurs à être motivé pour porter un projet participatif, en lots libres. A partir de là, la commune rédige une charte qui pose l’esprit du projet, et impose un système d’acteurs, mais ne prend pas part à la conception du lieu. La question des espaces partagés et des espaces privatifs sera vue exclusivement entre l’architecte et les futurs habitants.

Une réunion publique est organisée par la mairie pour parler du projet d’éco-hameau du Grand Chemin et d’un principe d’habitat partagé. La communication ne se limite pas aux habitants de la commune, et est ouverte aux communes voisines. Pour faciliter la participation, les élus organisent une garderie pendant le temps de la réunion, et pour faciliter les échanges, font le choix de ne pas prendre part aux discussions : seul l’architecte choisi par la mairie et les habitants seront présents. La réunion est un succès, elle réunit plusieurs personnes, et à l’issue de la réunion, dix foyers se déclarent intéressés.

L’architecte Françoise Legendre est sélectionnée par la mairie pour concevoir les espaces, sur la base des requêtes des futurs acquéreurs. Tout au long du projet, le promoteur fait le choix de s’appuyer sur l’association Parasol pour animer les temps d’échanges avec les habitants. L’association L’Epok prendra ensuite le relais pour appuyer les habitants, puis réaliser une évaluation finale de projet.

Les habitants

Ceux-ci ne sont tous pas originaires de Chevaigné, ils viennent également de communes voisines. Les profils socio-pressionnels sont variés : ingénieur informatique, intermittent du spectacle, infirmière, enseignant… Et les budgets sont différents. La démarche globale est partagée : mutualisation de certaines pièces (buanderie, chaufferie, jardins, salle commune), accord sur les principes constructifs, et définition des surfaces d’habitation par chaque futur propriétaire (de 60 à 110 m2).

Des principes de construction partagés

Le principe du projet se base sur un principe constructif sobre en énergie. Si chaque habitant disposera de sa maison, ils se mettent tous d’accord sur un principe de bâtiments passifs. Au-delà des deux critères imposés par la mairie (pas de déplacements de terre et noues pour gérer les eaux pluviales), ce sont les habitants qui prendront toutes les décisions sur les choix techniques et le mode de gouvernance.

Pour réduire les coûts, la salle commune et le préau ont été construits par les habitants, avec la terre issue des travaux et un budget de 22 000€ pour le reste des matériaux. La salle commune a été imaginée pour pouvoir accueillir des artistes en résidence, une douche a été installée. La salle et le préau appartiennent à la copropriété, ainsi que les espaces verts.

Vivre ensemble en partageant des espaces

La méthodologie de travail apportée par l’association Parasol, puis l’association L’Epok, a permis au groupe d’acquérir des compétences qui lui permet de continuer de vivre et de mener des projets ensemble, en gérant les avantages et inconvénients des espaces partagés.

La copropriété est gérée par un syndic bénévole, et bénéficie notamment des compétences comptables d’une des habitantes. Le syndic de copropriété se réunit tous les mois, avec un fonctionnement en présidence tournante à chaque réunion. Les sujets sont traités en sous-groupes (ex : organisation de la tonte des espaces verts).

Un point important soulevé par L’Epok portait sur la mutualisation des espaces : dans la conception du projet, il est important que ce ne soit pas une obligation. Tous les espaces ne sont pas partagés, à chaque foyer de décider s’il en souhaite l’usage, c’est le cas notamment de la buanderie, utilisée par 6 foyers sur 12 et du poulailler, géré par 5 foyers. Les espaces verts sont à la charge de toute la copropriété. Le matériel personnel d’entretien des espaces verts (tondeuse, etc) a été mis en commun pour la copropriété, qui assure les frais d’entretien.

L’ensemble des habitations est chauffé par une chaudière à granulés.

La salle commune, construite au centre de la parcelle par les habitants, sert de lieu de réunions et de fêtes, avec un principe de planning de réservations. C’est dans cet espace que se tiennent les réunions du syndic.

Le calendrier

La toute première réunion publique a eu lieu en 2008. La conception des espaces, la définition des usages, nécessitera deux années de réflexion, avec un démarrage des travaux début 2010. En 2012, sortent de terre 12 logements pour 36 habitants, tous labellisés BBC et construits avec des matériaux sains et écologiques. Trois logements non-réservés sont mis en vente.

Et aujourd’hui ?

Derrière la crainte initiale de créer potentiellement un quartier fermé sur lui-même, le résultat est très positif. « Les habitants qui se sont manifestés au départ sont restés les mêmes, A l’exception d’un foyer qui a quitté le projet en cours de route, les 9 foyers du départ sont les actuels occupants des maisons. Les habitants sont très soudés, et ne vivent absolument pas en vase-clos », commente Caroline Buhot, adjointe au cadre de vie. « Pendant le COVID, les habitants de l’éco-hameau ont organisé des achats groupés pour leur alimentation, cela s’est finalement transformé en épicerie coopérative, qui est aujourd’hui élargie à tous les habitants de Chevaigné » !

Pour son prochain projet d’habitat participatif, la mairie souhaite creuser la question du bail réel solidaire, et celle du bail emphytéotique. L’objectif serait également de préciser davantage les attentes de la collectivité, parce que, « avec le recul, les élus ont trouvé difficile de démarrer le projet à partir d’une feuille blanche, comme ça a été le cas avec l’éco-hameau du Grand-chemin ».

La maire actuelle, Sandrine Vincent, indique : « Ce prochain projet sera différent de celui du Grand-chemin ». Selon Samuel Lanoë, chargé de mission à L’Epok, « depuis 2008, les mentalités ont évolué ainsi que le contexte foncier, puisque l’enjeu de la densification s’impose aujourd’hui à toutes les collectivités. Il y a quelques années, l’habitat partagé correspondait à un désir d’habiter, alors qu’aujourd’hui, c’est une nécessité. Ce modèle de logement a évolué ».

Plus d’infos ici.

Rédaction mars 2024

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