Ile d’Arz (56) : la commune agit pour le développement de l’agriculture

Infos pratiques

Adhérent 2021
Maire : Jean Loiseau

Téléphone : 02 97 44 34 14
Nbre d’habitants : 236
Superficie : 3,3 km²
Intercommunalité : Golfe du Morbihan - Vannes agglomération
www.mairie-iledarz.fr/
Contact BRUDED : Guillaume Josselin

Autres expériences de Île d'Arz

Depuis 2008, les équipes successives mènent des actions pour redonner vie aux terres agricoles de l’île. Un projet au long cour qui porte ces fruits puisque, en 2022, plus de 50 hectares ont retrouvé une fonction agricole.

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L’Ile d’Arz, commune du Golfe du Morbihan, mène depuis plus de 10 ans une politique volontariste pour favoriser la remise en culture des espaces agricoles. Historiquement, les activités étaient tournées vers la mer ; la pêche et l’ostréiculture, et la terre où était pratiquée l’élevage et la culture de froment, de pomme de terre, de choux… La pratique a progressivement disparu et les parcelles agricoles se sont enfrichées. Le projet de «reconquête» des friches agricoles figurait au programme de l’équipe municipale élue en 2008 avec à sa tête Daniel Lorcy et se poursuit encore aujourd’hui.
La démarche visait de plusieurs objectifs :

  • Préserver la biodiversité et réouvrir les paysages
  • Attirer une population active
  • Diversifier les profils d’habitant et favoriser la mixité sociale
  • Maintenir l’école et les services
  • Diversifier les activités économiques de l’île principalement tournée vers le tourisme
  • Favoriser la résidence principale et l’installation de jeunes ménages
  • Lutter contre les nuisibles (lapins, rats gondins, rats)
  • Développer l’approvisionnement local (tous les produits alimentaires venaient du continent)

La commune disposait d’un peu de foncier agricole mais pas suffisamment pour installer des paysans sans la mobilisation des propriétés privés. Les élus ont donc amorcé un travail de communication auprès de la population pour informer du projet en cours : Réunions publiques d’informations, article dans le bulletin municipal. De plus, un travail sur le parcellaire a permis l’envoi de courriers personnalisés aux propriétaires identifiés (une centaine) pour les informer du projet et les inciter à louer, vendre ou mettre à disposition leur terre. Une relance téléphonique appuyait la démarche qui a fini par porter ses fruits. Les 9 hectares de la commune et la vingtaine d’hectare des propriétaires convaincus permettaient de passer à l’étape suivante.

Un appel à projet pour relancer l’agriculture

En 2010, une convention est passée avec la chambre d’agriculture pour un soutien à la rédaction du cahier des charges de l’appel à projet et l’analyse des candidatures.
« Nous avons reçu toute sorte de candidature : élevage, culture, safran, volaille… une cinquantaine en tout et de toute la France. Nous avons effectué une première sélection sur dossier et avons ensuite mené des entretiens avec une dizaine de porteurs de projets. Deux sont sortis du lot. Au-delà du projet agricole, ils avaient un projet de vie sur l’ile et aussi une solide expérience dans le métier. A égalité, nous avons fait le choix de l’âge : un jeune couple qui souhaitait par la suite fonder une famille. C’est donc un projet d’élevage laitier de bretonne pie noire avec transformation qui est sélectionné.» précise Nadège le Roux.

Un bâtiment communal en zone littorale

Conscient de la nécessité d’un bâtiment pour exercer une activité agricole, la commune l’a pris à sa charge pour éviter des problèmes de transmission, maitriser la qualité architecturale du bâti et s’occuper des démarches administratives en loi littorale. Il est ensuite loué aux exploitants à un loyer avantageux. L’obtention des autorisations s’est avérée «être un casse-tête» car une grande partie de l’espace agricole est classée en zone N au PLU où les constructions sont interdites. Le bâtiment sera finalement livré en 2013 avec des restrictions d’utilisation. L’installation ne peut accueillir d’animaux pour les risques de rejet à la mer. Il accueille du stockage, un local de vente pour les exploitants de l’île et un labo de transformation qui a été financé par le GAEC. La traite est effectuée en plein champs, à l’aide d’une traite mobile. Les pies noirs Bretonne sont toute l’année en extérieur.

La mobilisation se poursuit

La collectivité ne souhaite pas s’arrêter là et poursuit ses actions pour remettre des terres en culture. Pour se faire, elle agit sur deux leviers :

  • Se porte acquéreur des terres agricoles mise en vente
  • Agit comme médiateur entre les propriétaires terriens et les porteurs de projet.

L’acquisition de terres agricoles

Pour être tenu informée des ventes, la commune souscrit à l’outil Vigifoncier de la SAFER et se porte acquéreur systématiquement. La SAFER est consultée de manière automatique pour exercer son droit de préemption mais ne l’a jamais fait valoir.
La commune est aujourd’hui propriétaire de 20 hectares de terres agricoles qu’elle loue via des baux ruraux aux agriculteurs. Le foncier communal garanti la pérennité de l’agriculture et pourra être loué à d’autres exploitants en cas de cessation d’activité.
Un rôle de médiateur
Les élus communiquent auprès des propriétaires des terrains agricoles pour qu’ils les mettent en location auprès des exploitants.
« C’était difficile au début car l’agriculture avait disparu. Aujourd’hui, les exploitants ont démontré leur sérieux, d’autres propriétaires se manifestent. Pour la mairie, c’est une véritable réussite de médiation !» confie Nadège Le Roux.

Un cercle vertueux

La démarche de la commune a lancé une dynamique vertueuse qui s’alimente puisque le GAEC initial se compose maintenant de 4 associés qui exploitent 50 hectares. Deux nouvelles exploitations sont en cours d’installation : un paysan boulanger et une paysanne brasseuse.
Les productions alimentent le point de vente du local des producteurs de l’île et le marché en saison. Les glaces, fromages, produits laitiers sont achetés par les bars, restaurants et écoles de voiles de l’ile. 100% de la production est revendue sur place.

Du maraîchage

Les élus se fixent maintenant l’objectif d’installer des maraîchers. Une évolution du PLU, en cours, est nécessaire pour permettre la construction de serres.

Un projet éprouvant mais une belle réussite

«Sans une équipe soudée, une volonté à toute épreuve et un préfet nous soutenant dans notre démarche, nous n’aurions jamais pu faire aboutir ce projet, tout était précaire.» conclu Nadège Le Roux.

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