Lanvallay (22) installe une maraîchère pour les besoins de sa restauration collective

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Infos pratiques

Adhérent depuis 2014
Maire : Bruno Ricard
Adresse : 13 Rue de Rennes, 22100 Lanvallay, France
Téléphone : 02 96 39 15 06
Nbre d’habitants : 4195
Superficie : 14,61 km²
Intercommunalité : Dinan Agglomération
www.mairie-lanvallay.com
Contact BRUDED : Camille Ménec

Autres expériences de Lanvallay

La commune possède 6 hectares de terres agricoles en entrée de ville. Elle souhaite consacrer un tiers de ses terres à un projet de maraîchage pour approvisionner notamment en légumes et fruits bio les restaurations collectives (écoles, EHPAD) et ainsi permettre une installation pérenne.

Ce projet a été récompensé dans le cadre des 16ème trophées bretons du développement durable. Découvrez ce projet en vidéo ! 

Cliquez ici pour en savoir plus sur cette expérience

Une volonté politique de développer l’alimentation locale

Initialement, la parcelle de 6 ha appartenant à la commune était ciblée pour accueillir une salle multifonctions, un terrain de foot et un parking. L’équipe installée en 2014 a remis en cause ce projet et a souhaité redévelopper une activité agricole sur cette parcelle. L’intention était d’approvisionner en produits locaux la cantine scolaire et l’EHPAD, par la création d’une régie maraîchère municipale..

Un accompagnement par les réseaux professionnels

Pour cela, la commune s’est fait accompagnée par plusieurs structures, dont l’association Agriculture paysanne, sur le volet général du projet, les différents scénarii possible, l’organisation des parcelles, et la recherche de candidats. La Maison de la bio des Côtes d’Armor (MAB) est intervenue pour aider la commune à définir les besoins alimentaires de la restauration collective et les possibilités de production sur la parcelle. Le scénario retenu a été de faire un appel à candidature pour installer un agriculteur (donc pas de régie) qui contractualisera avec la commune sur des volumes à fournir. L’association Terre de Liens a été sollicitée sur les aspects juridiques relatifs à la contractualisation avec le futur maraîcher.

Pour cet accompagnement, la commune a déposé un dossier auprès du Plan de relance : le projet a été financé à hauteur de 34 000€, ce qui a payé l’accompagnement d’Agriculture paysanne, la MAB, Terre de liens, une partie du container de stockage installé provisoirement sur la parcelle et une partie du chemin d’accès.

Une parcelle ouverte à d’autres activités agricoles

Un des premiers constats fait par Agriculture Paysanne a pointé le fait que la surface disponible (6 ha) était finalement supérieure aux besoins de la commune (2,5 ha). Parallèlement, l’association Les Jardins solidaires a contacté la mairie pour lui proposer un projet solidaire et inclusif : bénévoles et bénéficiaires cultivent ensemble des légumes remis ensuite au Secours Populaire et au CCAS. La commune a accepté la demande, ce qui « a été un vrai déclencheur du projet global », commente Thierry Nicolas. Les volumes produits la première année (20 tonnes sur 8 000 m²) ont démontré le potentiel des terres de la parcelle, ce qui a conforté les élus dans leur projet.

Petit à petit, sont venus se greffer d’autres projets :

  • 1 ha pour Mathilde Jouault, horticultrice de fleurs à couper,
  • 3000 m² pour l’association Les Vigilantes, pour un projet de forêt comestible

Lancement d’un appel à candidatures pour trouver un maraîcher

En février 2022, la commune a lancé un appel à candidatures. En échange d’un bail agricole et d’un accès au futur hangar, il est demandé l’approvisionnement de 20 à 25 tonnes de légumes par an. L’objectif était d’établir une contractualisation autour d’un prix équitable pour tous, dans l’idée que le porteur de projet puisse développer une activité/débouché autre. Dès le départ, les élus ont pris le parti de convertir la parcelle de deux hectares en bio, pour une certification par Ecocert dès le 1er janvier 2023.

Le levier facilitant le projet a été le fait de tout de suite amorcer la conversion des terres en agriculture biologique, avant de lancer l’appel à candidatures. C’est plus engageant pour un paysan qui souhaite s’installer.

Cédric Bernard, animateur à Agriculture paysanne.

L’appel à candidatures a été diffusé dans les réseaux agricoles dans le magazine “Les 4 saisons”, sur les réseaux sociaux et dans la presse.

En attendant le dépôt de candidatures, la commune a semé du sarrasin sur la parcelle, ce qui a permis de produire 500 kg de farine, distribuée au élus, agents et bénévoles.

Sélection du maraîcher

Deux candidats ont postulé. Véronique Madre, jeune agricultrice, a été retenue en juillet 2022. En conversion professionnelle, elle cherchait un lieu pour s’installer. Sur les deux hectares qui lui sont dédiés, plus de la moitié sera consacrée à l’approvisionnement des cuisines communales en légumes bio et petits fruits. Le reste de la parcelle lui permettra de développer d’autres débouchés. La commune a établi avec elle un bail rural environnemental, autorisant la location de 2 hectares agricoles à compter du 1er janvier 2023, pour une durée de neuf années, au prix avoisinant 250 €/an révisable annuellement.

Bâtiments, réseaux et conditions d’installation

Les terres restant propriété communale, la connexion aux réseaux d’eau potable et d’électricité est à la charge de la commune. Deux cents mètres linéaires ont été installés (20 000€). Concernant l’eau, ‘‘ C’est un sujet crucial. Nous estimons à 8000 m3 le volume d’eau nécessaire par an, pour alimenter toute la parcelle. Cette première année, nous avons pu bénéficier du forage des voisins, mais nous allons créer un forage dédié à la parcelle, d’ici le printemps 2023 », explique Mathilde Pillot, conseillère déléguée à la transition, énergie et alimentation. Le coût de ce forage est estimé à environ 25 à 30 k€.

Des haies ont été plantées, financées par le programme Breizh Bocage et un talus a été créé, l’objectif étant de limiter l’érosion des sols et créer un effet brise-vent. En attendant la construction d’un hangar, la commune a acquis un container maritime, pour un coût 4400€, dont 60% a été pris en charge par la subvention de la DDTM.

Un futur hangar agricole

La commune va prochainement construire un hangar agricole de 300 m² sur la parcelle, pour les différents usages des locataires. ‘‘ L’idée est que la mairie paye la coquille du bâtiment, et que chaque acteur assume ensuite les frais des travaux dont il a besoin’’, indique Mathilde Pillot, élue. La commune recrute actuellement un architecte pour dessiner ce projet, avec la volonté de penser ce bâtiment en termes d’écoconstruction et de le mettre en lien avec d’autres projets de la commune, notamment la question de la production d’énergie solaire (Centrales Villageoises Rance Emeraude).

Comment transmettre et valoriser cette expérience ?

La commune envisage de faire venir une autrice de BD (Laetitia Rouxel) qui viendra en résidence pour croquer l’avancée du projet et permettra un rendu.

En bref, c’est un véritable tiers-lieu agricole qui est en train de pousser à Lanvallay. »

 

 

 

rédaction : février 2022

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