Mordelles (35) : Musé’O, un musée à ciel ouvert et accessible à tous pour sensibiliser au respect de l’eau

Infos pratiques

Adhérent depuis 2006
Maire : Thierry Le Bihan
Adresse : 29 Avenue du Maréchal Leclerc, 35310 Mordelles, France
Téléphone : 02 99 85 13 85
Nbre d’habitants : 7275
Superficie : 29,76 km²
Intercommunalité : Rennes Métropole
www.ville-mordelles.fr
Contact BRUDED : Mikael Laurent

Autres expériences de Mordelles

Pour sensibiliser les habitants de la métropole rennaise et les bretons aux enjeux de l’eau et des milieux aquatiques la municipalité a réalisé un parcours à la fois pédagogique et démonstrateur de travaux concrets de restauration de milieux aquatiques.

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Située aux portes de Rennes, Mordelles compte quelques 7500 habitants. La commune, labellisée « zéro phyto » depuis 2014, est traversée par deux cours d’eau : le Meu qui constitue, avec la 4 voies Rennes-Lorient et les étangs de la Biardais, la limite sud et ouest du centre-ville et la Vaunoise qui traverse la commune du nord au sud et se jette dans le Meu. La municipalité développe aujourd’hui son urbanisation à travers la ZAC du Val de Sermon, projet d’environ 1000 logements sur 45 ha, à l’est de la ville, initiée en 2009. L’espace comprend notamment la préservation d’une zone humide de 5 ha, la gestion des eaux pluviales en surface ainsi que la préservation du bocage, la création de jardins familiaux et la mise en place de vergers conservatoires. Si la Ville fait partie de la métropole rennaise, elle n’en demeure pas moins ‘à consonance rurale’ : « Nous avons encore sur la commune 25 exploitations agricoles » rappelle régulièrement Thierry Le Bihan, maire de la commune depuis 2014.

L’eau, un enjeu préoccupant

« Je suis originaire du pays de Guingamp ; les actions de reconquête de la qualité de l’eau sur le Trieux sont parmi les premières à avoir été mises en œuvre » se rappelle Thierry Le Bihan, maire. En Ille-et-Vilaine, la qualité écolo-gique des cours d’eau et des milieux aquatiques est préoccupante » alerte l’élu. Une motivation qui a amené le conseil municipal à créer un parcours pédagogique visant à ce que chacun s’interroge sur la valeur des milieux aquatiques et sur la manière de les préserver. « Nous avons placé ce deuxième mandat sous le signe de la transition. C’est une orientation politique forte et murement réfléchie. Néanmoins, si tout le monde s’accorde sur cet enjeu, la question du ‘comment’ reste largement à imaginer et à expérimenter » estime le maire.

Expliquer sans juger

« A travers cet équipement public ’hors les murs’, sorte de troisième lieu moderne que nous avons nommé ‘Musé’O’, nous voulons exposer ce qui s’est passé au cours de ces dernières années, expliquer sans juger en quoi cela pose des problèmes aujourd’hui pour les eaux, les milieux aquatiques et les écosystèmes qui en dépendent, présenter les actions correctrices qui ont déjà été mises en œuvre et les comportements futurs que nous allons devoir adopter » explique Thierry Le Bihan. L’édile cite quelques exemples :
• Le moulin, « où un bief a été installé pour actionner la roue et produire une énergie motrice. En 2014, nous avons réalisé un bras de contournement pour restaurer la continuité écologique du cours d’eau et permettre le passage des espèces (anguilles…). Nous avons récidivé en 2019 avec des travaux de restauration de milieux aquatiques (mare, frayère, nurserie). Et nous poursuivrons en 2022 avec la renaturation d’un ruisseau. »
• Le développement de la commune à la fin des années 90 : « à la Biardais, les différents étangs résultent de l’extraction de matériaux pour construire des maisons. Ce site qui parait bucolique est en fait le résultat d’une catastrophe écologique puisque c’est la nappe phréatique qui remonte et se trouve ainsi exposée aux pollutions et à l’évaporation. »
• La réalisation de la RN 24 à la fin des années 80 : « pour aller le plus droit possible, la 4 voies coupe le Meu à 3 reprises. Résultat, la route et la commune sont régulièrement inondées en hiver. L’Etat a investi plusieurs millions d’euros pour pour réparer l’erreur que constitue la 4 voies comme un barrage sur le Meu  ».
Sans oublier la dimension agricole : « dans les années 80, pour augmenter les surfaces cultivables, on a multiplié les drainages et éliminé le bocage ».

5 intervenants

Pour l’accompagner dans la création de son musée à ciel ouvert, la commune s’est entourée de l’Atelier de l’hermine, spécialisé en muséographie, en tant qu’AMO. 4 autres prestataires interviennent : L’illustre Fabrique (graphiste), Claire MOTZT (iIllustratrice), MAQ2 (création de maquettes), Cap Ouest signalétique (mobilier en bois). «La bonne coordination des différentes parties prenantes est l’un des points d’attention sur ce type de projet. D’où l’importance d’une AMO, qui puisse tenir le fil rouge de bout en bout jusqu’à la réception complète » estisme Sébastien Benoist, chargé de projet transition.

Un comité de pilotage pour accompagner le projet

La commune s’est également entourée d’un comité de pilotage avec le soutien appuyé de la Fédération de pêche d’Ille-et-Vilaine mais également de Rennes Métropole, de Eau du bassin rennais, du Syndicat du bassin versant du Meu, de la Région Bretagne, de Eau & rivières de Bretagne et de BRUDED. Celui-ci a été consulté sur la création des textes, des dessins, des supports, «les contenus doivent être précis, accessibles à tous, en un minimum de mots et d’illustrations » explique Sébastien Benoist. Le Musé’O’ vise 3 publics : « les promeneurs mordelais et au-delà grâce à la connexion des parcours aux chemins de randonnée connexes ; les scolaires mordelais, de la métropole et du département ; les élus ». « L’idée est que les parcours soient les supports d’animations complémentaires proposées par des associations et des partenaires ». Un travail spécifique a été mené en ce sens par la municipalité.

3 circuits et 3 thématiques

Les 3 parcours sont composés de 25 stations et de 3 expériences phares de manipulation sur une longueur totale de 9,5 kms. Le 1er a été installé en février 2022 ; le 2ème le sera à l’automne. Le 3ème sera développé ultérieurement « dès l’obtention des financements ». Le choix s’est porté sur des matériaux résistants aux UV et à la pluie (bois douglas, inox mecano-soudé thermo laqué) avec des systèmes mécaniques simples pour les maquettes. « Il ne faut pas mégoter sur la qualité (soudure, sertissage…), associer les services techniques qui assureront la maintenance et prendre une extension d’assurance » conseille le chargé de projet.

Côté finances

Le coût total du projet s’élève à environ 664 000 € décliné ainsi :
• 250 K€ de travaux de préservation dont 190 K€ réalisés, financés à 75% par la Région, l’Agence de l’eau, le Département, le Syndicat du Meu et le FEDER
• 62 K€ de conception muséographique (AMO, textes, graphisme)
• 212 K€ de mobiliers, signalétique
• 140 K€ de réaménagement de certains cheminements
Côté subventions pour la muséographie sont acquis ou attendus :
• 80 K€ de Rennes Métropole
• 50 K€ de la Région Bretagne
• 30 K€ de Eau du bassin rennais
• des fondations privées.

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