Saint-Maugan (35) : un projet de tiers-lieu pour recréer du lien social

La maisonnette, lieu d'accueil du tiers-lieu

Infos pratiques

Adhérent : 2021
Maire : Étienne Bonnin
Adresse : Saint-Maugan, France
Téléphone : 02 99 09 99 25
Nbre d’habitants : 548
Superficie : 8,43 km²
Intercommunalité : CC de Saint-Méen Montauban
saint-maugan.fr/
Contact BRUDED : Camille Ménec

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La commune, en réfléchissant sur les moyens de redynamiser le bourg, a envisagé la création d’un tiers lieu. Dans la même période, un collectif de quatre jeunes intéressés par le développement d’un projet relatif au dynamisme rural a contacté la mairie.
Les élus et le collectif unissent alors leurs compétences et leurs moyens pour faire émerger un projet multithématique (épicerie, petite enfance, ateliers de réparation, art et culture, …) en y associant les habitants et en sollicitant différents partenaires.

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L’envie de trouver des solutions innovantes, pour redynamiser le bourg

En 2020, l’équipe municipale change. En s’emparant des projets de la commune, elle dresse un constat à la fois positif et négatif : la population a beaucoup changé, elle est devenue plus hétérogène, et elle a également diminué (moins 40 habitants en 10 ans, sur une population totale de 537 habitants). « Par ailleurs, notre ZA est quasiment vide, nous avons quelques artisans, mais on se demandait comment relancer une activité » (Etienne Bonnin, maire). L’équipe organise donc sa réflexion autour de la problématique du lien social et de l’investissement des jeunes, dont il est difficile d’attirer l’attention. « Nous voulions nous doter d’outils pour donner envie aux gens de s’investir pour produire du « commun ». Pour cela, il fallait un moyen de créer de l’activité économique autrement que de manière traditionnelle, qui ne marchait pas ».

L’équipe municipale se donne 3 ambitions :

  • Comment donner aux habitants les moyens d’exprimer leurs besoins et leurs aspirations ? Avec quel outil ?
  • Comment s’engager dans le développement d’activités qui permettent de combattre les effets délétères de la surconsommation ?
  • Comment redynamiser l’engagement citoyen ?

A ces 3 questions, la réponse du tiers-lieu à vocation multiservices (épicerie, accueil d’enfants…) apparait comme une solution pertinente.

La rencontre entre des porteurs de projets et une municipalité motivée

A l’automne 2021, la mairie reçoit un courrier provenant d’un groupe de jeunes souhaitant s’impliquer bénévolement dans un projet de dynamisation de territoire, et s’installer dans la commune. Il s’agit d’un petit collectif de jeunes actifs, souhaitant mettre leurs compétences en éducation populaire et artistique, au service d’un projet de territoire.

La mairie et le groupe se mettent rapidement en lien, pour définir ensemble les objectifs communs d’un projet de tiers-lieu. « On a sauté sur l’occasion, on s’est vus très vite. Ils voulaient être facilitateurs d’un projet de dynamisation d’un village rural. Ils sont devenus, avec la mairie, les producteurs du tiers-lieu, et nous ont permis d’avancer vite. »

Le soutien fort du Département d’Ille-et-Vilaine

Face à cette envie partagée, il faut toutefois structurer le projet et pour cela, la mairie se rapproche du Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine, à deux titres :

  • Elle a répondu à l’appel à projet du Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine « Revitalisation des centres bourgs ». Dans ce cadre, la commune est choisie comme village support pour la mise en place d’un service nouveau que le Département souhaite proposer aux communes rurales. Un agent du Département est ainsi missionné pour étudier le devenir de St Maugan, à horizon 2030. Il va notamment mener une étude des besoins et envies auprès des habitants sur la question de la revitalisation du bourg et notamment du tiers lieu.
  • En lien avec le collectif de jeunes, une association est créée, afin de répondre à un autre appel à projets du Département : « Économie Sociale et Solidaire ». Le financement obtenu donne des moyens pour travailler spécifiquement sur le projet de tiers-lieu.

En parallèle, les élus ont souhaité s’inspirer de projets de tiers-lieu, et ont visité celui de Montfort-sur-Meu, porté par l’association CEHAPI. Dans l’attente d’un éventuel futur bâtiment, la commune acquiert un terrain en cœur de bourg, disposant d’une maisonnette et d’un garage, qui sont mis à disposition du projet.

La mobilisation citoyenne

L’appel à mobilisation se fait notamment via la revue de la commune « La lettre malganaise ». Les compétences des 4 jeunes gens en animation et en éducation population permettent de proposer 3 réunions en plénière aux habitants, pour faire remonter les envies et les idées. Suite aux échanges, 3 grandes thématiques se dégagent :

  • Alimentation/circuit court
  • Accueil enfance/jeunesse
  • Art/culture et loisirs

Deux autres groupes de travail sont mis en place : un sur la communication (sur le sujet du tiers-lieu en tant que tel et sur les actions proposées), et un autre relatif à la logistique.

Le fil rouge de l’animation des facilitateurs porte sur la liberté très large offerte aux habitants, la participation n’étant d’ailleurs pas limitée aux seuls habitants de Saint-Maugan. « Nous avons insisté sur la notion de non-engagement. Quand ce cadre est présent, les gens s’investissent ! Ca facilite les prises de parole, et au final, on aboutit à un socle d’usagers très actifs ! » (un des facilitateurs). La mise à disposition d’un lieu ouvert en permanence est également un élément fort de l’animation du projet : au-delà du concept, il y a un lieu identifié pour les habitants. « Je suis allée aux réunions avec curiosité, puis avec de plus en plus de plaisir, car va au-delà de ce qu’on avait avant. Je suis là depuis 14 ans, intégrée, mais ça dépasse ce que font les autres associations du village » (une habitante).

Lancer des premières actions pour tester le projet et sensibiliser les habitants

Pour sensibiliser les habitants, un événement est organisé en décembre autour de la collecte et la redistribution de jouets et livres. Concrètement, les enfants pouvaient venir se servir et le surplus a été donné à des associations caritatives. L’événement se tient dans le bâtiment pressenti pour être le futur Tiers Lieu, la maisonnette située en cœur de bourg, achetée par la commune. Le projet est exposé via des panneaux d’affichage.

Lors de ces réunions, découle l’organisation de plusieurs groupes de réflexion, dont l’un qui porte sur les circuits-courts, avec l’idée de mettre en place un marché. Une fois de plus, le hasard jour en la faveur du projet : le référent désigné sur le sujet, est un maraicher installé dans une commune proche, à St Gonlay. Le marché se tiendra dans le garage attenant à la maisonnette. Le lien est fait avec une association malganaise, qui met à disposition des tables et des chaises. En échange, et afin de favoriser le lien social, il est convenu la possibilité pour toute association malganaise, de pouvoir tenir une buvette lors du marché, afin collecter des bénéfices et favoriser la convivialité.

Pour éviter toute concurrence avec le bar existant dans le bourg, le maire se met en lien avec celui-ci. Le marché avec sa buvette sera programmé le mercredi, jour de fermeture du bar. Par ailleurs, la propriétaire du bar partant bientôt en retraite, elle est intégrée à la réflexion du tiers-lieu.

La première expérimentation du marché est un succès, décision est prise de poursuivre et depuis janvier 2022, c’est un marché hebdomadaire ! Complémentaire, par ailleurs, du marché voisin d’Iffendic. « On va essayer de développer des activités économiques. Quand bien même nos facilitateurs n’y prennent pas part, c’est grâce à cela que le projet se poursuivra, et c’est à la collectivité de prendre part à cela sans empiéter sur la liberté. C’est une alchimie à trouver, ça peut exploser en vol, mais ça vaut le coup d’essayer ! », le maire.

Une gouvernance fluide avec la collectivité

Les 1ers contacts se sont faits en septembre 2021, une association s’est créée en janvier 2022, pour pouvoir répondre à un appel à projet du CD35, lequel finance un poste pendant 6 mois. A ce jour, le lien formel existe uniquement entre l’association et le Département d’Ille-et-Vilaine.

La maisonnette et le garage qui sont identifiés et utilisés (propriété de la commune), sont mis gracieusement à disposition par la mairie. C’est la mairie qui ouvre le garage tous les mercredis à l’occasion du marché. La maisonnette quant à elle, est vide, et ouverte aux quatre vents, sans que cela pose problème. « Tout cela est temporaire, le jour où un lieu dédié existera (construction ?), une convention sera établie entre l’association et la mairie ».

A terme, l’objectif est de pouvoir financer un poste d’animation qui soit pérenne. Pour cela, il faut imaginer des activités économiques qui permettent de rémunérer cet emploi.

Quant aux facilitateurs, leur positionnement est atypique : « aujourd’hui, nous sommes bénévoles et voulons le rester, car nous avons nos propres activités économiques. Nous nous positionnons en facilitateurs et pas en porteurs de projet. L’idée est d’amorcer le projet, pour qu’à terme, il soit porté par les habitants ».

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