Habitat léger et participatif à Silfiac (56) : une phase d’émergence aboutie et saluée 2/2

Thématique(s): Aménagement, urbanisme et habitat - Lotissements et quartiers durables
Infos pratiques
Adhérent depuis 2006
Maire : Olivier Constant
Adresse : Le Bourg, 56480 Silfiac, France
Téléphone : 02 97 27 60 13
Nbre d’habitants : 462
Superficie : 22 km²
Intercommunalité : Pontivy communauté
www.silfiac.fr
Contact BRUDED : Cécile Jamoneau
Autres expériences de Silfiac
Une nouvelle étape est franchie dans le projet « Habiter autrement à Silfiac » initié dès 2022, suivi d’une réunion de mobilisation en 2025. Fin mai 2026, les partenaires ont découvert les résultats de la phase d’émergence de ce projet d’habitat léger et participatif. Cette étape, conduite depuis l’automne 2025 avec l’appui d’Écho-habitants et Graine d’habitants, marque un tournant : le projet, jusque-là exploratoire, dispose désormais d’un cadre partagé, d’un programme d’aménagement et d’un calendrier opérationnel.
Un projet né d’une volonté politique claire
Depuis 2022, l’équipe municipale silfiacoise cherche à développer une forme d’habitat innovante, conciliant faible impact environnemental, accessibilité financière et participation citoyenne. Les contours de ce projet judicieusement intitulé « Habiter autrement à Silfiac » sont explicités à la page-expérience rédigée en mai 2025. Les objectifs qu’elle s’était fixés au départ restent constants :
- Proposer un habitat accessible financièrement ;
- Réduire l’impact environnemental ;
- Revitaliser le centre-bourg ;
- Préserver et valoriser le patrimoine existant ;
- Favoriser l’implication des futurs habitants.
Une méthodologie participative structurée et productive
Dès le départ, la municipalité a souhaité un projet ouvert, accompagné et fondé sur une gouvernance partagée. Pour cela, elle s’est entourée de deux structures spécialisées – L’Écho-Habitants (habitat participatif) et Graine d’Habitants (architecture durable) – autour d’une prestation, d’un montant de 15 480€ HT, comprenant une phase exploratoire et une phase d’émergence, jusqu’à la sélection de la maîtrise d’œuvre. Cet accompagnement est financé à hauteur de 15 000€ par la Fondation de France, dans le cadre de son dispositif Initiatives, Programme Habitat Fondation de France 2024.
Phase exploratoire : communication et sensibilisation
Échelonnée sur quelques mois, cette première phase avait pour but de rechercher le cadre puis de sensibiliser par différents biais (presse, ciné débat, flyer, permanences) sur l’intention de la commune. Elle s’est clôturée en juin 2025, à l’occasion d’une réunion de lancement qui a réuni 25 personnes et a permis de constituer un groupe d’habitants motivés, aujourd’hui stabilisé autour de 5 à 7 personnes actives.
Phase d’émergence : structuration et programmation
La phase d’émergence s’est appuyée sur six ateliers menés avec le groupe d’habitants et animés par Emeline Pothier (Graine d’habitants) sur les thèmes : valeurs partagées, lecture du terrain, habitat léger, espaces communs, gouvernance, scénarios programmatiques. Ils ont permis de :
- Identifier les valeurs structurantes : sobriété, convivialité, soutien mutuel, ancrage territorial, cohérence écologique ;
- Clarifier les besoins individuels et collectifs, notamment la nécessité d’espaces communs compte tenu de la compacité des habitats ;
- Produire des intentions d’aménagement précises, intégrant pente, vues, vents, cheminements, biodiversité et usages ;
- Construire un langage commun entre habitants et élus, facilitant les arbitrages à venir.
Nous sommes très reconnaissants aux futurs habitants qui ont accepté de consacrer depuis un an une partie de leur temps et de leur énergie à ce projet. Nous avons ainsi de meilleures chances de répondre aux attentes et aux besoins d’autres personnes sensibles à ce type de démarche, appelées à les rejoindre. C’est précieux pour une petite commune comme la nôtre, quand elle prend le risque d’un aménagement aussi innovant.
Olivier Constant, maire
Un programme d’aménagement cohérent et évolutif
Le terrain, situé en entrée de bourg, présente de nombreux atouts : orientation sud-est, pente douce, talus végétalisé, et proximité immédiate des services. Les explorations menées sur place ont permis de cartographier en détail les zones ensoleillées, les vents dominants, les cheminements existants et les vues à préserver. La phase d’émergence a surtout permis de définir un programme clair, articulé autour de trois volets :
L’habitat léger
Le zonage de la parcelle UBhd du PLUi autorise l’habitat démontable permanent, sous réserve de respecter les critères de la loi ALUR : « occupées au moins 8 mois par an, sans fondations, facilement démontables ». Le projet prévoit une dizaine de parcelles de 200 à 350 m², intégrées dans la pente, avec jardins individuels, haies nourricières, cheminements doux et espaces de transition (terrasses, auvents, porches). Les fondations seront réversibles (pieux, vis, pierres sèches).
Les espaces communs
Indispensables pour compenser la compacité des habitats, ils comprendront une salle commune, un bloc sanitaire, une buanderie/cellier, un atelier partagé, un local vélo, et des espaces ouverts au territoire (hangar événementiel, ateliers d’artisans, magasin de gratuité). A l’heure actuelle, il est prévu d’aménager les communs dans une partie du bâti historique conservé et dans le hangar à réhabiliter en halle.

Le manoir, en revanche, constitue un enjeu délicat. Ce bâtiment à fort caractère patrimonial a été étayé au moment de son acquisition par la commune en 2025, mais s’est fortement dégradé au cours de l’hiver 2025-2026. Comme l’a rappelé le maire, Olivier Constant, « il faut savoir faire le deuil des intentions de départ pour que le projet puisse aboutir, dans la limite de nos moyens financiers ». Sa démolition, désormais envisagée, ouvre la possibilité de créer une placette d’entrée et de concentrer les efforts sur les autres bâtiments qui la prolongent, ses communs historiques, plus facilement réhabilitables.
La dernière partie bâtie, des communs plus récents au sud, n’a aujourd’hui pas trouvé de destination mais reste mobilisable pour un projet d’habitat participatif « en dur » futur.

Les bâtiments anciens sont en très mauvais état. Certains ne pourront pas échapper à la démolition. Les autres seront réhabilités pour accueillir les communs et d’autres habitats
Les extérieurs
Un pôle nourricier (potager, verger, serre, forêt nourricière) et un pôle animalier (poulailler sécurisé) complèteront l’ensemble.
Un montage juridique et financier en construction
Il est envisagé que la commune reste propriétaire du terrain et mette en place un bail emphytéotique ou un bail réel solidaire. Elle procèdera aux travaux principaux du bâtiment commun et à l’aménagement du site. Les habitants prendront en charge la construction des habitats légers et le second œuvre des espaces communs à réhabiliter.
Le budget prévisionnel atteint environ 800 000 €, dont 375 000 € pour l’aménagement et 425 000 € pour la rénovation. Les partenaires financiers pressentis (État, Région, Département du Morbihan, Pontivy Communauté, Leader) pourraient couvrir jusqu’à 80 % du coût, le reste étant amorti par les loyers (12 000 €/an attendus).
Une méthodologie saluée par les partenaires
Pour conforter cette phase d’émergence, la commune a réuni plusieurs partenaires, à la fois pour les informer de l’avancement du projet, bénéficier de leurs conseils et vérifier la pertinence des financements mobilisables. La réunion du 28 mai a donc rassemblé Pontivy Communauté, le Pays de Pontivy (qui gère les financements européens Leader), le CAUE56, la préfecture du Morbihan (dispositif Villages d’avenir), BRUDED, ainsi que habitants et élus.
Leur présence témoigne de l’intérêt suscité par ce projet, considéré comme innovant et structuré. Les partenaires ont également salué :
- La rigueur du processus participatif ;
- La qualité du travail produit ;
- La cohérence entre ambitions, usages et aménagement ;
- La pertinence de l’habitat léger comme outil de revitalisation rurale ;
- La capacité de la commune à piloter un projet complexe ;
- La vision à long terme, intégrant évolutivité, gestion collective et montage juridique.
Le CAUE56, venu exceptionnellement à trois représentantes, a proposé d’élargir le périmètre d’étude, de se mobiliser autour de la relecture du cahier des charges et d’imaginer une ruelle centrale structurante.
Un « projet à tiroirs »
Si la rénovation du bâti ancien reste à préciser, l’habitat léger et les communs constituent désormais un socle solide. La démolition du manoir, la requalification de la halle et la possible transformation de la longère en habitat participatif pourraient suivre, selon les opportunités. Comme l’a résumé Olivier Cencetti d’Echo-Habitants : « Le projet avance sur une base économique tenable et pourrait, s’il réussit, entraîner la rénovation progressive du reste du site ». Il qualifie l’opération de “projet à tiroirs” : chaque étape réussie ouvre la suivante et consolide l’ensemble.
Les prochaines étapes
- Juin 2026 : finalisation du cahier des charges
- Juillet 2026 : présentation au conseil municipal
- Septembre 2026 : lancement de la consultation de maîtrise d’œuvre
- Fin 2026 : ateliers de co-conception avec l’équipe retenue
- Printemps 2027 : dépôt du permis d’aménager
- Fin été 2027 : début des travaux de viabilisation
- Printemps 2028 : installation des premiers habitats légers
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rédigé en juin 2026







