Saint-Aubin du Pavail-Chateaugiron (35) : une mediathèque-troisième lieu qui implique ses habitants

Infos pratiques

Adhérent : Non
Maire : Jean-Claude Beline
Adresse : Châteaugiron, France
Téléphone : 02 99 37 41 69
Nbre d’habitants : 9 561
Superficie : 23,52 km²
Intercommunalité : Pays de Châteaugiron Communauté
www.ville-chateaugiron.fr/

Autres expériences de Châteaugiron

Dès le départ, la médiathèque ouverte en 2011 à Saint-Aubin-du-Pavail avait vocation à être un centre de la vie sociale et culturelle de cette commune de 755 habitants. Cette vitalité est soutenue par une équipe constituée d’un responsable salarié et de nombreux bénévoles. La municipalité valorise l’engagement de ces derniers. Et cela fonctionne, puisque fin 2014 la moitié des habitants étaient inscrits.

Cette expérience est en partie extraite du site de Territoires Conseils / Banque des territoires, groupe Caisse des Dépôts, complétée par BRUDED. Elle est retranscrite ici dans le cadre d’un partenariat entre nos deux structures.

Cliquez ici pour en savoir plus sur cette expérience

Le projet de troisième lieu a été initié en 2007 par la commune de Saint-Aubin du Pavail qui comptait à l’époque environ 700 habitants. Tout comme Ossé, la commune a rejoint Chateaugiron depuis le 1 janvier 2017 pour former la commune nouvelle de Chateaugiron (environ 9 500 habitants). La commune, située à 15 kilomètres de Rennes, fait par ailleurs partie de la  Communauté de communes du pays de Châteaugiron (Ille-et-Vilaine, 8 communes, 23.500 habitants), « une intercommunalité à taille humaine, avec qui nous travaillons en confiance » indique Laurence Lourdais, adjointe. La commune a toujours eu à cœur “d’être un lieu vivant et attractif, et surtout pas une cité-dortoir“, complète l’élue. La commune est propriétaire d’un bar-restaurant et d’une boulangerie, tous deux mis en gestion. Elle salariait, depuis 2006, un poste d’animateur à 50% grâce au label cybercommunes, occupé par Gildas Carillo. Un agent au profil éclectique : formé aux Beaux-arts, avec des compétences en arts plastiques, en technique et en informatique, amateur de musique, il a une vraie aspiration à impliquer les habitants dans des projets créatifs et des compétences à piloter de projets culturels variés.

Une bibliothèque trop petite

En 2007, l’équipe municipale imagine réhabiliter la bibliothèque existante qui ne compte que 50m2 avec un accès par un escalier. « Sur les suggestions du conseil départemental, le projet de réhabilitation est vite abandonné, compte-tenu de la nécessité de mettre en œuvre un ascenseur, au profit d’une construction neuve » se rappelle Gildas. Le maire lui confie alors « carte blanche pour travailler sur le projet ». Un groupe composé d’une petite dizaine d’élus et de bénévoles est constitué. « On s’est attaché à ne pas visiter que des médiathèques mais également des cafés de pays, des lieux culturels alternatifs… très vite nous avons été convaincus de ne pas faire un lieu que de lecture publique, tant pour rentabiliser l’équipement que pour créer du lien entre les différentes formes d’art et de génération ». Gildas Carillo se nourrit également d’un mémoire d’une thésarde sur les médiathèques-troisième lieux, visant à créer des interactions sociales… L’équipe municipale est immédiatement séduite par « le projet de créer un espace culturel très convivial qui tient à la fois de la bibliothèque, de la salle de spectacle et du centre socioculturel » indique Laurence Lourdais. Gildas Carillo passera à plein temps pour porter le projet.

Des espaces ouverts

Inaugurée en 2011, l’équipement compte 160 m2 ainsi qu’un espace extérieur couvert qui fait le lien entre le bourg et un agréable espace vert situé à l’arrière du bâtiment. L’idée était de créer un équipement où l’on se sent « comme à la maison ». La commune a fait appel pour cela à un architecte d’intérieur. Cela se traduit notamment par :

  • Une table de ferme, placée à l’entrée, pour accueillir les usagers
  • Un thermos de café, une bouilloire et du thé mis gratuitement à disposition de tous
  • Des assises de tout type : chaises longues, fauteuil, poufs, coussins… dont une part peut facilement aller en extérieur
  • Un éclairage chaleureux en partie produit par des lampes sur pieds

Afin de permettre la diversité des activités, l’ensemble du mobilier est sur roulettes à l’exception des étagères situées le long des murs. Gildas insiste par ailleurs sur l’importance :

  • D’un espace multimedia « indispensable pour attirer la jeunesse ». Les tables qui accueillent les ordinateurs sont volontairement larges de façon à pouvoir pousser les écrans et mettre les machines à coudre à la place le jour des ateliers coutures.
  • D’un espace jeux pour enfants en bas-âges qui permet aux familles de rester plus longtemps sans que le plus jeune se lasse

Le choix d’un lieu ouvert, ou tout le monde se voit, s’entend, peut capter une conversation est voulue : « parfois c’est même un peu le bazar, les conversations fusent de partout mis c’est ce qu’apprécient les usagers ». Et si c’était à refaire ? « Un espace cuisine pour plus de convivialité et du stockage supplémentaire seraient les bienvenus ».

Faire vivre l’équipe de bénévoles

A l’ouverture de l’équipement en 2011, Gildas Carillo devient responsable de la médiathèque et anime une équipe de bénévoles qui rapidement compte 19 personnes. Lors de notre visite fin 2018, le groupe de bénévoles atteignait 27 personnes. “A partir d’un petit noyau de volontaires très impliqués pendant le projet de construction, nous avons créé une dynamique qui a attiré d’autres habitants“, précise le responsable. L’équipement culturel propose de nombreuses animations – loisirs créatifs, couture, café palabre, (ateliers d’artistes, réalisation de court-métrages, spectacles…), dédicaces de livres, concerts – autant d’opportunités de rencontrer des bénévoles potentiels. « Parler avec les habitants qui fréquentent le lieu fait partie de mon travail. C’est de là que naissent les projets et la volonté de s’investir » confirme Gildas. C’est une véritable procédure de “recrutement” qui s’enclenche, avec un ou plusieurs entretiens menés par le responsable de la médiathèque. De l’accueil au travail de médiathécaire, de l’animation d’ateliers à la communication, l‘éventail des tâches proposées au candidat bénévole est varié et le responsable de la médiathèque n’impose aucun poste. Selon la personne, l’engagement varie de quelques heures à des dizaines d’heures par mois. Puis commence la formation du nouveau bénévole, via un tutorat avec un bénévole plus ancien. Les bénévoles animent notamment de nombreux ateliers.

Un partenariat avec le bar-restaurant

Le troisième lieu travaille régulièrement en partenariat avec le bar-restaurant « La Grange ». Tout d’abord parce qu’il n’y a pas lieu d’y voir de concurrence entre les deux lieux :  « la médiathèque est souvent fermée le week-end, le bar lui est ouvert. Et ce ne sont pas forcément les mêmes gens qui fréquentent les deux lieux » ; mais également parce qu’ils peuvent travailler en commun pour donner plus d’ampleur à des événements qui bénéficieront aux deux lieux à l’instar de la co-organisation du festival Pav’Art dédié à l’art urbain (street art).

Un budget culturel et une coopération intercommunale

Le poste de Gildas Carillo est aujourd’hui porté à 60% par la commune et à 40% par l’EPCI. La commune lui confère par ailleurs un budget de 4 000 € pour l’acquisition d’ouvrages et de 4 000 € pour des actions culturelles. La commune travaille de manière très collaborative avec l’intercommunalités et les autres médiathèques :

  • Prêt d’ouvrages, de consoles de jeux… qui permet de diminuer d’autant le fonds d’acquisition
  • Pilotage d’actions : « chaque responsable de médiathèque est référent d’une animation qui se tiendra dans chacun des lieux »

Une valorisation par la municipalité

Le profil du responsable salarié est très important » tient à préciser l’élue. « Graphiste doté de compétences multimédia, il travaille les soirs et les week-ends, ce qui implique une souplesse organisationnelle dans la définition du poste. Inversement, sans l’aide des bénévoles, le responsable salarié n’aurait pas la disponibilité suffisante pour préparer et organiser toutes ces animations“, constate l’élue. Chaque année la municipalité et les bénévoles réaffirment leur volonté de continuer à travailler ensemble en signant une charte de coopération. Ce travail collaboratif est en outre reconnu et valorisé grâce à des articles réguliers dans le journal municipal

Quelques inconvénients et beaucoup d’avantages

La principale difficulté réside dans l’absence de lien hiérarchique entre le responsable salarié et les bénévoles. Jusqu’à présent, la gestion des conflits n’a pas nécessité la médiation des élus. La solution passe par le dialogue, notamment lors de la réunion d’équipe qui est prévue toutes les 6 semaines. Autre difficulté, réussir à concilier les emplois du temps des bénévoles, dont 95% sont des actifs.
Reste qu’il y a beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients à travailler avec des bénévoles », assure le responsable de la médiathèque. « D’abord, nous bénéficions ainsi d’une équipe dynamique aux profils très différents qui crée de la vie. Nos bénévoles, essentiellement des femmes, ont de 20 à 60 ans, des métiers, des passions et des niveaux culturels divers qui favorisent les débats et la multiplicité des propositions. Cela se ressent dans l’ambiance du lieu même“.
Il estime que ces bénévoles l’aident à rester au plus près des centres d’intérêt de la population. “C’est en grande partie grâce aux bénévoles et aux usagers que le rayon musical de la médiathèque attire les pré-ados de la commune».

La médiathèque Philéas Fogg a reçu le Prix coup de cœur 2013 du jury du Grand prix Livres Hebdo des Bibliothèques francophones.

 

Contacts

Médiathèque Philéas Fogg – 13 rue de la Mairie – 35410 Saint-Aubin-du-Pavail/ commune nouvelle de Chateaugiron – 02 99 62 98 39 –mediathequedupavail@yahoo.fr

Laurence  Lourdais-Rocu – Adjointe à la culture

Gildas Carrillo – Responsable de la médiathèque – 02 99 62 98 39 – mediathequedupavail@yahoo.fr

Pour en savoir plus :

LIEN Émission FRANCE INTER “Un Jour en France” du 29 janvier 2016 (le reportage a été réalisé chez eux !)
Sujet : Y a-t-il encore des livres dans les bibliothèques ?

Et sur le concept de 3e lieu, vous pouvez retrouver une interview récente de Mathilde Servet qui défend beaucoup leur projet : 

OUVRAGE “Bibliothèque troisième lieu” Référence  978-2-900177-41-9 Sous la direction d’Amandine Jacquet / Illustrations Bibliopathe = 30 €

Un texte rédigé par Fanny Koch, chargée d’études à l’ODAS qui explique très bien l’ensemble de leur projet

 

Article publié le 7 avril 2015 sur le site de Territoires conseils  et rédigé par Cécile Perrin pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info – complété le 10 janvier 2019 par BRUDED

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