Plessé (44) : la commune se lance dans l’élaboration de sa politique agricole communale

Infos pratiques

Adhérent depuis 2010
Maire : Aurélie Mézière
Adresse : 1, rue Jules Vernes, 44630 Plessé
Téléphone : 02 40 79 60 14
Nbre d’habitants : 5379
Superficie : 104,30 km²
Intercommunalité : Redon Agglomération
commune-de-plesse.com
Contact BRUDED : Mima Gales

Autres expériences de Plessé

Dans le cadre de la nouvelle mandature (2020), la commune de Plessé a créé un comité consultatif pour travailler sur les questions d’agriculture, d’alimentation, d’environnement et de biodiversité.

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Ce comité consultatif est composé de 12 élus et de 25 habitants (cf.  Une gouvernance partagée pour la commune de Plessé) et il a pour mission de travailler sur les quatre thématiques suivantes :

  • Perspectives agricoles
  • Biodiversité et pesticides
  • Jardins
  • Alimentation et restauration collective

Jusque-là le sujet « Agriculture » était un peu nulle part, il y avait juste un référent agricole au sein du conseil, c’était trop léger. Il y a 130 personnes qui vivent de l’agriculture sur Plessé, la surface de la commune est 10 400 ha, sur lesquels 630 ha sont des terres agricoles « labourables ». On veut garder cette identité paysanne. Il faut pour cela garder un maximum de petites fermes, pour garder un maximum de biodiversité, à tous les points de vue…

Rémi Beslé,
adjoint à l’agriculture, alimentation et biodiversité  à Plessé
Vice-Président de Redon agglomération sur la Transition écologique et sociétale, la transition alimentaire

Le comité se répartit en 4 groupes de travail pour faire avancer les projets en parallèle. Chaque groupe travaille avec les structures publiques et privées du département, les différentes associations et groupement locaux, et sous la dynamique du PAT (Plan alimentaire du territoire) élaboré par Redon Agglomération.

Prospectives agricoles :

Sur ce sujet, la municipalité a décidé de faire appel à l’organisme CAP44, une structure d’accompagnement à l’installation et à la transmission en agriculture paysanne, pour travailler avec le groupe de travail sur les 3 axes suivants :

– Définir une stratégie agricole communale : Les objectifs sont de permettre au groupe de mieux appréhender les enjeux pour l’agriculture, de fédérer l’ensemble des acteurs du territoires impliqués sur les questions agricoles et de définir un plan d’actions partagé. Cela passera par différents temps, de la formation tout d’abord pour poser le contexte et partager les enjeux, puis des visites de projets inspirants, et enfin par la mise en place d’atelier de concertation pour formaliser les ambitions et les moyens à développer pour les atteindre.

 

Est-ce qu’en tant que commune, nous pouvons créer notre propre politique agricole communale?  C’est à dire définir un cadre pour montrer qu’il y a à Plessé une agriculture paysanne, en circuit court, respectueuse de son environnement, et capable de travailler ensemble, notamment avec les 5 Cuma.

– Agir sur la transmission : À Plessé, comme dans quasiment toutes les communes, 40 % des agriculteurs vont cesser leur activités dans 5 à 10 ans. Les élus souhaitent s’impliquer activement sur le sujet de la transmission et du renouvellement des générations agricoles. En commençant par le recensement précis des exploitations à reprendre ou transmettre dans les 10 ans à venir puis en réfléchissant directement avec les agriculteurs concernés pour les accompagner, les aider à communiquer. La commune mène déjà une veille foncière via l’outil Vigifoncier de la SAFER (Société d’Aménagement foncier et d’établissement rural) qui lui permet d’être au courant des transactions sur la commune.

Souvent les transmissions se font de façon confidentielle. Il nous semble primordial non seulement d’accompagner ces installations/transmissions, d’intégrer les nouveaux agriculteurs, d’organiser une sorte de parrainage par un autre agriculteur de la commune. On s’est donné un objectif ambitieux : avoir le même nombre de paysans dans 6 ans !

– Agir sur le foncier : L’objectif est de permettre à la commune d’animer et d’anticiper la gestion du foncier agricole, notamment dans un but de faciliter le renouvellement des générations. Une idée est de créer un outil public pour être capable de capter le foncier agricole en vente avant qu’il ne se fasse racheter par des sociétés qui ne sont pas en lien avec le territoire.

 

L’inflation des prix des terres agricoles nous affole un peu, un outil public pourrait réguler un peu cet aspect-là.

– Agir sur le parcellaire : Les exploitations ont souvent leurs terres disséminées. L’objectif est de travailler à des échanges parcellaires entre agriculteurs pour reformer des unités plus cohérentes, avoir suffisamment de terre autour de l’exploitation favoriser un modèle d’élevage basé sur plus d’herbe, rendre plus autonomes les exploitations, limiter la circulation de gros engins sur les routes et donc la consommation d’énergie. Une action vertueuse à plus d’un titre. Sur ce sujet, une réflexion plus globale devra être menée à l’échelle de l’agglomération.

Plus récemment évoqué, la possible création d’un magasin de producteur, les premiers échanges démarrent à peine.

Biodiversité et pesticides :

Pour se préserver de l’arrachage sauvage des haies et sauvegarder les arbres remarquables, la commune lance la réalisation d’un inventaire bocager communal avec l’aide du Syndicat du Bassin Versant Chère Don Isac afin de l’inscrire dans le PLU en cours d’élaboration. L’idée est de constituer des groupes d’habitants par village, de les former avec l’aide du Syndicat à la reconnaissance des différentes essences et de les charger du recensement en lien avec l’animatrice du Bassin-Versant.

Le groupe travaillera également sur le sujet des pesticides, en lien avec agriculteurs et habitants. À ce sujet la commune vient d’adhérer au « Collectif sans pesticides ».

Le recensement des haies complété par celui des zones humides nous donnera une vision globale de la commune et nous permettra d’identifier les « chainons manquants » et par la suite de reconstituer un maillage complet par la plantation de nouvelles haies.

Jardins familiaux :

Pour favoriser tout à la fois l’autonomie alimentaire, la biodiversité et le lien social, le groupe de travail propose la création de jardins familiaux sur des terrains municipaux situés sur les 3 bourgs de la commune (Plessé-bourg, au Coudray et au Dresny). Les terrains seront mis à disposition contre un loyer modeste. Cette initiative vise à favoriser les échanges entre habitants, la transmission de savoir-faire notamment grâce à l’expérience des ainés, à diffuser des pratiques de jardinage respectueuse de l’environnement.

Alimentation et restauration collective :

Le premier objectif en la matière est le passage en régie du restaurant scolaire de la commune actuellement en DSP. Si 60% des repas sont déjà en bio grâce à un travail mené sur l’approvisionnement depuis 2010 sur le sujet (cf. page projet), il reste un pas à franchir sur l’approvisionnement local. D’autant que la commune est plutôt bien pourvue en la matière puisque 50% des agriculteurs de la commune sont en agriculture biologique. L’idée serait peut-être aussi de fabriquer les repas pour l’EPAHD et le portage à domicile. La commune se fait accompagner par le GAB 44 pour dimensionner le projet, identifier les besoins en termes d’équipements et travailler sur les aspects couts.

Le deuxième gros sujet est celui d’une production maraichère locale dédiée à l’approvisionnement du restaurant. Questionnés par les membres du groupe de travail, les maraichers installés sur la commune disent avoir leur carnet de commande déjà plein et ne se positionnent pas. Rapidement le groupe pense à mettre en place une production maraichère dédiée. Ce projet pourrait prendre la forme d’une régie agricole, avec des employés municipaux ou d’une mise à disposition de terrains communaux pour installer un nouveau maraicher, avec lequel la commune passerait des engagements de commande. La commune possède des terres agricoles mises à disposition par convention pour le fauchage et facilement mobilisable pour ce projet (8 hectares).

 Nous avons présenté ce projet au niveau de l’agglomération et il s’avère que 5 autres communes sont intéressées par cette démarche. Nous allons pouvoir partager nos réflexions et nos avancements lors des prochaines commissions.

Le groupe se donne deux ans pour monter le projet, commençant par visiter divers projets pour s’inspirer et comprendre les fonctionnements, avantage et inconvénients de chaque situation.

Travailler de façon globale sur ce sujet de l’agriculture peut être vraiment être clivant, il faut donc faire attention à la façon dont on s’y prend. Sur Plessé, il y a une situation propice, un contexte particulier basés sur une agriculture paysanne bien ancrée qui donne du sens à cette action et la rend peut-être plus facile à lancer qu’ailleurs.

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